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       <title>El Watan - Arts et lettres</title>
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       <lastBuildDate>Wed, 23 May 2012 10:10:28 +0100</lastBuildDate>
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           <title>le claquant, le clinquant</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Baignée de soleil et parcourue par un vent frais, la ville cossue de Cannes, haut lieu de la Côte d’Azur, est traversée de partout par les symboles du festival. 
	De notre 

	envoyé à Cannes

	Aucune vitrine qui ne porte l’affiche de l’événement, fût-elle celle d’une bonneterie ou d’une boucherie. On ne peut tourner son regard quelque part sans trouver dans son champ de vision, placé tous les trente mètres, un de ces oriflammes arborant le célèbre logotype palmé et le numéro de l’édition, la soixante-cinquième. Ou des suspensions au-dessus des rues, s’illuminant à la nuit tombée. Ou des collections de tee-shirts siglés Festival. Ou encore des bus couverts de promotions de l’événement. Ou des façades de bâtisses avec le portrait peint géant de Marilyn Monroe, mythe de la beauté, martyre du cinéma. Cette omniprésence de la star s’explique par l’affiche officielle du festival, placé sous le thème de «l’éternelle jeunesse», celui de l’actrice, figée à jamais par les pellicules et les photographies et celui de la plus prestigieuse rencontre du septième art au monde. Un design épuré, en noir et blanc, où cette déesse des écrans souffle l’unique bougie d’un gâteau d’anniversaire.

	La création d’une excellente agence parisienne de communication, Bronx, retenue sur concours. La volonté d’exprimer, qu’en dépit des crises qui affectent le monde, le cinéma demeure un ressourcement permanent, une sorte d’élixir de jeunesse servi par les images, les sons et les histoires. Une conception que certains rattachent à la personnalité du délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, qui occupe ce poste depuis onze ans maintenant et qui demeure directeur de l’Institut lumière de Lyon. Innovateur, il reste attaché à la grande tradition du cinéma, à ses étapes pionnières et à la richesse historique de cet art. C’est cet esprit de filiation, voire de patrimoine, qui l’a amené d’ailleurs à créer Cannes Classics, une nouvelle section, parmi les nombreuses de l’immense conglomérat culturel et commercial qu’est devenu le Festival de Cannes.

	A propos de Cannes Classics, il déclare dans le hors-série de la revue Ecran Total : «Peut-on imaginer un chef d’orchestre qui ne connaisse pas l’histoire de la musique ? Un écrivain qui ignorerait tout de sa discipline ? Il m’est naturel de continuer à voir les films de l’histoire du cinéma. Et c’est depuis l’Institut Lumière que j’ai pensé à créer Cannes Classics, puisque le patrimoine est aussi frappé – positivement ! – par le numérique.» Tout cela peut expliquer la référence à Marilyn Monroe, icône d’un cinéma triomphateur encore lié aux dizaines de milliers de salles obscures dans le monde, des plus luxueuses aux plus humbles, bien que le déferlement de nouvelles technologies, du magnétoscope au home-cinéma, en passant par les DVD et Internet, ait fait replier cet art sur les domiciles, le privant progressivement de ces rituels sociaux de rencontre en des lieux collectifs.

	Mais Marilyn Monroe, c’est aussi la puissance du glamour, la création de nouvelles idoles, les strass, les paillettes et les paparazzis, le spectacle, non plus seulement des films, mais celui de ceux qui les jouent, réalisateurs, mais surtout acteurs et actrices, quasi-divinisés, et actrices davantage, envisagées à la fois comme des plastiques idéelles et des fées du monde moderne en manque de réconfort et de passions.

	Ainsi, le Festival de Cannes apparaît-il bien comme une belle machine oscillant entre le claquant et le clinquant. Le claquant de films bien faits et/ou à fort contenu et le clinquant des mondanités et autres allégresses de ce que l’on nomme "le people". Entre le déroulement des bobines porteuses d’expressions filmiques, la montée des marches éclaboussées par les flashes des photographes et les cris d’une foule transie d’émotion à la vue de ces stars. Le clinquant l’emporte parfois sur le claquant, nécessité oblige, cette dernière étant aussi celle de la dualité particulière du cinéma, à la fois art et industrie, message et business.

	En ce jour d’ouverture, mercredi 16 mai, les spectateurs de ce second spectacle se pressent déjà sur la Croisette, autour du Grand théâtre Lumière, où a lieu la compétition du Festival, dans l’espoir d’apercevoir  l’un des monstres sacrés du septième art. On attend Nicole Kidman de retour avec deux films. On attend Robert de Niro. On attend un tel et une telle. Cela paraît à la fois fascinant et pathétique, quand on sait que la plupart des gens présents ne pourront pas voir les films, sauf quand ils seront distribués en salle. Pierre, 62 ans, administrateur d’un laboratoire médical en Belgique, vient à Cannes depuis plus de vingt ans. C’est un ancien animateur de ciné-club, grand connaisseur des genres, des œuvres, etc. Il semble tout connaître du septième art. Il me fait un véritable exposé sur Youssef Chahine avant d’enclencher sur Kazan, Fritz Lang et Bunuel.

	Quand je lui demande, en plaisantant, pourquoi il fraie avec la foule énamourée de la montée des marches, sa réponse est désarmante : «Mais, Monsieur, je viens pour ça à Cannes. Les films, je les vois à Anvers. Mais quand vous achetez une fleur, vous avez besoin de la sentir, non ? Voilà, je viens pour humer le monde du cinéma, sa magie peut-être légère mais sans laquelle, il n’y aurait pas de cinéma. Cannes, c’est le cinéma du cinéma, voilà.»

	Pourtant, ce n’est pas le cinéma qui manque à Cannes, mais on peut comprendre que ceux qui n’y ont pas accès se contentent de le sentir. Le cinéma, ce sont ces films sélectionnés dans tant de sections, que rares sont ceux ici qui peuvent toutes les citer sans en omettre plusieurs. Il y a la Compétition longs métrages avec 22 films, dont Après la bataille, de l’Egyptien Yousri Abdellah ; la Compétition courts métrages avec 10 films ; les trois films hors compétition ; les trois autres en séances de minuit, car Cannes ne dort pas ; les onze des séances spéciales. A ceux-ci, il faut ajouter les 19 films de la Quinzaine des réalisateurs, où l’on compte Le Repenti de Merzak Allouache, ainsi que 10 courts et 3 en séances spéciales. Puis, vient encore la Semaine de la critique avec ses 7 longs, ses 5 en séances spéciales et ses 10 courts.

	Encore, la section Un certain regard et Cannes Cinéphiles, etc. On a déjà le tournis, et ce n’est pas fini puisqu’il faut compter avec les hommages et le marché du film qui brasse des milliers de films, ou encore le Village international dont les pavillons nationaux présentent chacun ses films ou ses projets en promotion.  C’est dans ce lieu que l’Algérie se fait remarquer, son pavillon occupant une place privilégiée à proximité des lieux les plus passants du Festival, soit à proximité des accès au grand temple aux marches rouges et la place du marché du film.

	La revue de ce dernier, Cannes Market News, consacre d’ailleurs un article qui salue l’arrivée de l’Algérie dans ce lieu très convoité, à telle enseigne que la Tunisie, qui a failli perdre son emplacement, suite au refus de l’actuel ministre de la Culture, est quand même présente grâce à la mobilisation des producteurs de ce pays qui ont payé les frais de réservation à la place de leur gouvernement ! C’est dire l’importance d’être dans cet espace où qui part perd sa place. En ce premier jour venteux, le drapeau algérien flottant sur la Croisette n’est pas passé inaperçu. De nombreux Algériens cannois, s’arrêtent avec émotion et viennent parler et questionner. Il se trouve que nombre d’entre eux travaillent pour le Festival de Cannes ou dans des sociétés de production et de distribution françaises ou internationales.

	«Pourquoi avoir attendu tant de temps», demandent la plupart d’entre eux à la dynamique Nabila Rezaïg, chef du département cinéma de l’AARC (Agence algérienne pour le rayonnement culturel) et son collaborateur, Nesroun Bouhil qui, avec toute l’équipe d’Alger, préparent depuis janvier cette présence. L’espace qui mêle décors architecturaux anciens et design contemporain, sont agréables et rationnels. Un écran plasma diffuse des extraits de films en promotion Zabana de Saïd Ould Khelifa,  L’Andalou de Mohamed Chouikh,  Yema de Djamila Sahraoui. L’endroit est très animé. On distribue des étuis contenant des fiches sur le cinéma algérien : café, thé et gâteaux algériens ramenés d’Alger par les animateurs contribuent à cette convivialité active renforcée par la qualité de l’emplacement.

	A l’intérieur et sur la petite terrasse attenante, les professionnels algériens reçoivent leurs pairs étrangers.  Des contacts sont engagés. Les cinéastes algériens sont invités dans les autres pavillons et sur les lieux du festival. Les représentants des festivals de Toronto, de Doha et d’Abou Dhabi sont venus formuler des propositions. Cette dynamique encourage les animateurs de l’AARC et les cinéastes algériens invités. Déjà, le travail se déploie vers l’extérieur. On comprend qu’il faut à la fois accueillir et se rendre chez les autres. Les participants parlent de se répartir pour être fortement présents à la projection du film de Fatma-Zohra Zamoum, Combien tu t’aimes, qui sera projeté le 22, et, bien sûr, à celle du film de Merzak Allouache sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs qui passera le 19 au Théâtre Croisette. Yahia Mouzahem et Mounés Khammar ont décroché des entretiens avec des producteurs. Sofia Djama passera son film au Short Corner.

	Le jeudi 17, première journée thématique, est d’ailleurs consacré à la promotion de la nouvelle génération de cinéastes où l’on comptera, en plus des précités, Mounia Meddour, jeune réalisatrice, fille du regretté Azzedine. Le vendredi, promotion du film Zabana avec le réalisateur, le producteur Yacine Laloui et les comédiens Imad Bencheni et Abdelkader Djeriou. En après-midi, une présentation des institutions du cinéma en Algérie par Mourad Chouihi du ministère de la Culture. Aujourd’hui, est prévue la promotion du film L’Andalou, avec son réalisateur et sa productrice, Yamina Chouikh. En après-midi, Hachemi Zertal (Cirta Films) et Malek Ali Yahia (MD Ciné) viendront parler de la distribution en Algérie. Demain, ce sera le tour de la promotion du film Yema et, en après-midi, une présentation de l’Algérie en tant que lieu diversifié de tournage, thème qui nous a été proposé.

	La suite se concentrera sur la poursuite des contacts entrepris et l’engagement de nouveaux, soit un travail intense de relations publiques. Pour Mustapha Orif, directeur général de l’AARC, cette journée est encourageante. «Cependant, précise-t-il, il faut tenir sur toute la durée du Festival et faire du Pavillon algérie une vitrine efficace de notre cinéma et de son potentiel. Le cinéma algérien a besoin d’être dans ces lieux, de mieux connaître le marché international et les méthodes nouvelles de coproduction et de partenariat, de bénéficier d’une visibilité plus grande et plus claire. Aussi, de nouer des relations avec des professionnels du monde entier.

	A la fin du Festival de Cannes, le Pavillon Algérie doit faire état d’un nombre donné de contacts, de propositions, de perspectives. Il devra avoir montré la disponibilité de l’Algérie à soutenir ses cinéastes dans leurs projets. C’est une dynamique qu’il faut enclencher et non pas une présence honorifique simplement.» Un objectif qui concerne non seulement Cannes mais aussi d’autres manifestations. Mais il est sûr qu’ici, on est au cœur de la planète cinéma.  
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           <title>Fronton : l’adresse du rire</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Dans la mythologie grecque, Maïa était l’aînée des Pléiades et la mère d’Hermès qu’elle eut avec Zeus. On la retrouve dans de nombreuses civilisations. Quoi d’étonnant, puisque son nom aurait signifié «mère», avec la racine «m», commune à presque toutes les langues du monde pour désigner la mère : depuis yemma jusqu’à mother. Mais pourquoi vous raconter tout cela ? Oui, c’est à propos des Romains qui ont donné au troisième mois de leur calendrier le nom de Maïa qui est devenu mai et que les chrétiens ont repris en affirmant que c’était le mois de Marie, soit Meriem.

	Ainsi est né ce mois, où, en principe, on peut faire ce qu’il nous plaît. Mais, car il y a un mais, au mois de mai – ce que ne désapprouvera pas notre écologiste préféré, Hamid Belkessam –, cette autorisation ne concernait que la façon de se vêtir. Mais, second mais, même celle-ci est désormais compromise par le dérèglement climatique.
	Cependant, il faut avouer qu’il reste l’un des mois les plus agréables de l’année, sauf, exceptions notoires, pour les candidats au bac et nos semblables de l’hémisphère Sud. On y trouve le 1er mai, fête internationale des travailleurs, le 19 mai, fête nationale des étudiants et parfois, entre les deux, la fête des abstentionnistes, qui, cette fois-ci, est tombée le 10 mai, leur permettant de profiter de la belle nature, quand leurs frères et sœurs se faisaient enduire l’index dans des salles de classe.

	Il y a un autre jour de fête pourtant : la Journée mondiale du rire. Elle tombe le premier dimanche du mois de mai et a été décidée par un mystérieux club international du rire qui compterait 3500 sections dans le monde. Cette secte bénéfique a institué cette journée en 1998. Y a-t-il un rapport avec le fait que cette année a coïncidé avec le 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme ? Le rire serait-il un droit ? On savait qu’il est «le propre de l’homme», selon la formule de Rabelais. Mais, d’une part, il a été prouvé que certains animaux riaient, comme les mouettes rieuses, qui tournoient au dessus d’Alger, et, d’autre part, on peut souvent constater, qu’hélas, le rire serait plutôt le sale des sociétés. Crise, conflits, chômage, pouvoir d’achat, etc. On rit de moins en moins dans le monde et il est symptomatique qu’il y ait moins de films, de livres et d’œuvres comiques.

	Chez nous, lors des années de plomb, suivies des années de crise, elles-mêmes suivies des années noires, les blagues, éléments de résistance morale, fusaient de partout. On aurait dit qu’une usine clandestine les fabriquait à la chaîne. Cela voudrait-il dire, comme le croit un bon ami, que nous aurions tendance à rire davantage dans les moments durs ? Serait-ce donc un bon signe ou un indice de masochisme ? Bon, quelqu’un aurait-il l’adresse et le mot de passe de la section algérienne de ce Club international du rire ?</description>
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           <title>Les autres nouvelles</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	-Batna-Alger : l’œil des enfants

	L’exposition de 136 photographies sur le patrimoine des Aurès, prises par des enfants de cette région, a étonné plus d’un visiteur au Bastion 23 d’Alger. Intitulée «Ton œil sur ton patrimoine», cette formidable initiative de l’association locale Les amis du Medghassen, a été soutenue par la direction de la culture de la wilaya et le ministère de la Culture. L’exposition résulte d’un concours régional qui a consisté à remettre 1800 appareils photographiques jetables à autant d’élèves, de 12 à 14 ans, dans les 61 communes de la wilaya. Puis les meilleures photographies ont été sélectionnées et agrandies. En avril, l’exposition a été montrée à Batna avant de gagner Alger dans le cadre du Mois du patrimoine.

	-La bataille d'Alger : mais à Londres

	Le film La Bataille d’Alger sera projeté le 6 juillet prochain à Londres, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, et ce, à l’initiative du Parti travailliste britannique, lit-on sur le site électronique du parti. Le célèbre film, réalisé par l’Italien Gillo Pontecorvo en 1966, sera projeté dans le cadre du Marxism Festival 2012, organisé comme chaque année, à l’initiative du Parti travailliste britannique (extrême gauche), du 5 au 9 juillet prochain à Londres. Des débats sur «L’art, la littérature et la révolution» seront animés par des hommes de culture, tels Steve Edwards et Zita Holbourne. Figurent au programme de cette manifestation, des pièces théâtrales sarcastiques sur le matérialisme dans le monde actuel et des récitals poétiques présentés par des poètes connus, comme Michael Rosen, Gail Day et la militante palestinienne, Rafeef Ziada. Une rencontre est également prévue avec le journaliste culturel et critique américain d’origine iranienne, Hamid Dabashi, qui présentera le film Le temps qui reste (2009) du réalisateur palestinien, Ilia Souleimane. La lutte contre le racisme en Europe est le principal objectif de ce festival pluridisciplinaire militant.

	-Eva Longoria : Politic wife

	Eva Longoria et les autres actrices de la fameuse série Desperate Housewives sont plus «desperate» que jamais. Elles ont quitté en larmes le tournage du dernier épisode. Mais Eva Longoria compte renforcer son engagement dans la campagne de Barack Obama. Elle a déclaré notamment : «Lorsque j'écoute le débat politique actuel, j'ai l'impression que nous sommes revenus dans les années 1950. Le droit des minorités, mais aussi celui des femmes sont totalement remis en cause en ce moment...  Je viens moi-même d'une minorité et je suis donc très sensible à ce genre de thèmes. Or, le seul à avoir défendu ces droits et à avoir accompli un grand nombre de progrès dans le bon sens depuis quatre ans, c'est le président Obama.» Finalement, on la découvre la plus célèbre latino-Américaine au monde.

	-Jazz : piano, Panossian

	A la faveur de la treizième édition du Festival culturel européen, le printemps très jazzy d’Alger se prolongera notamment avec le concert du Trio Rémi Panossian, jeudi 24 mai à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth. Cette formation interprétera plusieurs morceaux de l’album Add Fiction sorti en 2011 et composé par son leader qui a découvert le jazz à l’âge de 10 ans en assistant à un concert du prodigieux Michel Petrucciani donné en 1993 à Montpellier. Egalement pianiste, Panossian a joué dans plusieurs formations avant de créer son trio avec deux anciens complices, le contrebassiste, Maxime Delporte, et le batteur, Frédéric Petitprez. En peu de temps, ils se sont distingués en France et à l’étranger : Jarasum festival (Corée du Sud), JZ Club (Shanghai), Taichung Jazz Festival (Taiwan), Nanjing jazz (Chine), Onda jazz (Lisbonne), etc. Si vous aimez le jazz...  
	
	-Médéa : Titteri sur pupitre

	La maison de la culture, Hassen El Hassani, de Médéa a organisé sa première Galerie nationale des arts plastiques, du 14 au 17 mai, regroupant une trentaine d’artistes issus d’une quinzaine de wilayas et pratiquant différents styles. Cette nouvelle manifestation annuelle vise à renforcer la promotion de cette discipline dans la capitale du Titteri et à encourager la formation d’un public. Une rencontre sur «L’originalité et le modernisme», réservée aux artistes mais ouverte au public, accompagnait l’initiative.
	
	-Festival Mawazine de Rabat : Khaled à l’affiche

	Lundi 21 mai, le chanteur algérien, Khaled, donnera un concert sur la scène OLM-Souissi réservée aux stars de la chanson mondiale au Festival Mawazine de Rabat (18 au 26 mai). Khaled est programmé avec l’Américaine, Mariah Carey, le duo américain, LMFAO, le Jamaïquain, Jimmy Cliff, le groupe allemand, Scorpions, l’Américain, Pitbull, et son compatriote, Lenny Kravitz. Selon l’APS, il s’agit du 2e concert de Khaled au festival, après celui de 2009 devant 50 000 personnes. Les autres scènes recevront plusieurs vedettes : Naïma Samih et Hassan Megri (Maroc), Nancy Ajram et Wael Kfoury (Liban), Hany Shaker (Egypte), Manu Dibango (Cameroun), Magic System (Côte d’Ivoire), etc., tandis que le théâtre Mohammed V recevra Gloria Gaynor. Le festival sera suivi, durant 9 jours, par plus de 2 millions de spectateurs et 20 millions de téléspectateurs.
	
	-Libraire des beaux-arts : sauver un lieu d’esprit

	Les messages de soutien affluent de partout pour soutenir ce lieu emblématique de la culture et de la ville menacé de disparition. Plusieurs écrivains, artistes, universitaires figurent sur les listes de citoyens mobilisés autour de l’appel lancé à cet effet. Le gérant a reçu un message de la ministre de la Culture, disposée à soutenir et aider la recherche d’une solution qui préserve l’activité en respectant les droits des propriétaires. C’est l’objectif que se sont fixés le gérant et les amis de la Librairie. Voir le blog :
	http://librairie-des-beaux-arts-alger.over-blog.com/
	
	-Musiques et danses Diwane : Béchar en art

	La sixième édition du Festival national des musiques et danses Diwane, du18 au 24 mai à Béchar, a réuni les meilleures troupes de ce genre musical et chorégraphique. Cette manifestation est devenue au fil des ans l’un des plus importants rendez-vous artistiques nationaux par le nombre croissant d’artistes et musiciens nationaux qui y prennent part. Cette année, le thème retenu est «Diwane, art et tradition culturelle», En plus des représentations musicales au stade Ennasr, données par une douzaine de troupes de différentes régions du pays, des films documentaires portant sur ce patrimoine immatériel seront projetés, en présence des réalisateurs, notamment, Tagnawittude, Rites Diwane à Béchar et Hasna El-Bacharia. A partir de Béchar, notre confrère Faycal Metaoui vous fera vivre sa passion et sa connaissance du genre.

	-Conférence : qui était Jean El Mouhoub Amrouche ?

	Lundi 21 mai à 18 h, le Centre d'études diocésain (5 chemin Slimane Hocine, Alger) propose une conférence sur Jean El-Mouhoub Amrouche (1906-1962). Au long de son chemin de vie, depuis Tunis en 1938, il a milité pour la préservation du patrimoine berbère, ignoré ou occulté, et pour la reconnaissance et la dignité du peuple algérien, grâce à ses poèmes, émissions radiophoniques, conférences et articles de presse. La conférencière, Régine Le Baut, docteur es Lettres, s’appliquera à cerner la personnalité de cet homme et à décrire son parcours. Réjane Le Baut a vécu et enseigné en Algérie de 1962 à 1968 et soutenu en 1988 sa thèse de doctorat en Sorbonne Paris IV sous le titre «Jean Amrouche, Itinéraire et problématique d’un colonisé». Elle a publié plusieurs ouvrages sur Jean El-Mouhoub Amrouche dont elle est devenue une spécialiste reconnue. Elle édite aujourd’hui un ensemble d’émissions radiophoniques et de conférences inédites données par l’écrivain sous le titre Lumière sur l'âme berbère d’un homme de la parole : Jean El Mouhoub Amrouche et sorti hier aux Editions du Tell (Blida).
	
	-FELIV 2012 : en pole position

	On croit savoir (belle expression journalistique !) que pour sa 5e édition, le Festival international de la littérature et du livre de jeunesse (Feliv), qui se tiendra du 14 au 22 juin à Riad El Feth, présentera un programme particulièrement alléchant. Des écrivains de renom, des rencontres originales et pertinentes, des changements et surprises pour le volet jeunesse, une animation artistique de qualité, etc. Restez à l’écoute en attendant la publication du programme qui ne saurait tarder.  
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           <title>«L'idée de l'indépendance est très belle»</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Autour du cinquantenaire, une expérience de création bientôt visible au CCA de Paris. 
	-Quelle est la genèse de cette exposition qui a pour objet l'indépendance de l'Algérie ?

	C. Pastor  Ce projet fait suite aux expositions organisées dans le XXe arrondissement de Paris autour du cinquantenaire de la Commune de Paris, au printemps 2011. Et comme, en 2012, l'Algérie s'apprête à célébrer le cinquantenaire de son indépendance, j'ai eu l'idée de consacrer une exposition collective à cet événement historique. J'ai conçu le projet avec l'aide de Mireille Weinland. Puis, nous l'avons proposé à d'autres artistes, algériens et français, d'horizons divers, dans le but d'expérimenter sur une même toile l'enrichissement de deux cultures. C'est à la mi-octobre 2011 que ce projet est devenu collectif. A la fin novembre, un appel à écriture a été lancé afin que les artistes s'inspirent des textes pour créer des œuvres spécifiques. Cette exposition repose sur l'interaction de l'écriture et de l'Histoire. Elle s'inscrit dans le cadre d'une dynamique collective et favorise la création en duo et à partir de textes d'auteurs reconnus et de témoignages.

	-Quelles sont les raisons qui ont présidé au choix de cette thématique ?

	Z. Boudjema : parler artistiquement de l'Algérie m'a sensibilisé naturellement. L'idée de l'indépendance est très belle et noble, car elle a permis au peuple algérien de se libérer du joug colonial. Cependant, c'est une période que nous ne connaissons pas très bien et qui suscite bien des interrogations. Ma participation à cette exposition poursuit deux objectifs. D'une part, célébrer l'indépendance de mon pays. Et d'autre part, la questionner car l'Algérie post-indépendante se cherche encore.
	C. P.  Toute la construction de ce projet part de l'Algérie. Je suis habitée par cette histoire. Et l'occasion m'était donnée d’organiser une exposition sur l'indépendance de ce pays. Je souhaitais me positionner artistiquement. L'indépendance est, de mon point de vue, un état naturel. Cette exposition est une prise de position contre le colonialisme.

	-Quel sens symbolique donnez-vous au terme «interactivité» ?

	Z. B.  La notion d'interactivité évoque l'échange, le partage et la complémentarité, qui sont l'essence même de notre projet. Ce terme présente un double intérêt. Si on accepte de partager un espace avec l'autre, c'est déjà une performance, car il y a une culture de tolérance qui doit s'imposer. Accepter l'autre, c'est être en harmonie avec cette personne. Le second aspect a un lien avec mon histoire personnelle. Lorsque Christine m'a parlé de ses parents qui ont vécu en Algérie, cela m'a rappelé les histoires de partage avec nos voisins pieds-noirs que mes parents m'ont racontées. Ils s'échangeaient des plats, des gâteaux... Ils partageaient une histoire humaine. Ce travail en interactivité est quelque part un défi. C'est une forme de performance, car en réalisant le projet, on essaye de se connaître. Mais travailler collectivement est très complexe car il faut ménager les égos et les sensibilités.

	-L'un des axes de l'exposition concerne la création en duo à partir de textes. En quoi consiste cette démarche ? Comment s'est elle déroulée ?

	C. P.  Le premier duo a été réalisé avec Zouhir. Au début, chacun peignait sur sa toile pour ensuite la céder à l'autre. Cette démarche s'est avérée particulièrement difficile à réaliser. C'est pourquoi nous avons modifié notre approche pour peindre chacun à notre tour sur la même toile. Il y avait des moments de silence, car nous avions besoin de concentration. Le travail en duo aiguise notre regard et oblige à l'écoute de l'autre. C'est une expérience qui a modifié en profondeur mon acte de créer. L'échange était très intéressant.
	Z. B  On travaillait et on se posait des questions. C'était très complexe, car il n'y a pas plus intimiste qu'un peintre face à sa toile. Travailler à deux sur la même toile, c'est un peu comme si on intègrait dans son intimité une autre émotion pour partager le geste, la couleur... C'est comme si on peignait avec quatre mains au lieu de deux. C'est une gymnastique un peu kafkaïenne. D'ailleurs, au début, je me posais des questions sur la faisabilité et l'utilité de ce travail en duo. Quand on peignait ensemble, Christine parlait en même temps. C'était un peu perturbant, mais cette attitude m'a permis de mieux la connaître. Avec Mireille, c’était complètement différent. Elle peint en silence et, des fois, je me demandais si elle était présente.

	-Comment ce travail en duo fait-il écho au thème de l'indépendance de l'Algérie ?

	C. P.  Le groupe d'artistes impliqué dans ce projet à vocation artistique est motivé par l'histoire. En tant qu'enfant de pieds-noirs, née en Algérie, je suis très en colère contre la colonisation et les membres de ma famille et leur manque de philosophie éthique à l'égard de l'autre. Ce qui est grotesque, c'est que les autorités coloniales ont fait venir des Espagnols, des Italiens… en leur disant que l'Algérie était leur pays. En travaillant avec des Algériens, j'ai pris conscience qu'ils sont en colère contre leurs dirigeants, car l'indépendance n'a pas toujours donné les résultats escomptés.
	Z. B.  Ma colère est double. Je suis né à l'indépendance. Je me pose des questions sur cette France dont je porte un héritage culturel, car, très tôt, je me suis exprimé en langue française et me suis imprégné de cette culture. Cependant, je me demande pourquoi la France refuse de reconnaître ses crimes de guerre en Algérie coloniale. Je suis également en colère contre l'Algérie, car au moment de l'indépendance, il y a eu un tas d'événements dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. La France et l'Algérie ont en quelque sorte abandonné le peuple algérien.

	-Comment cette démarche de duo s'inscrit-elle dans l'esprit de partage et d'acceptation de l'autre que vous prônez ?

	Z. B.  L'acte de peindre est synonyme de paix, de partage et d'humanité. Chaque artiste porte en lui cette humanité. Quand on est avec l'autre, quel que soit son origine ou ses appartenances, l'essentiel est le partage des émotions. L'art facilite la communication et le dialogue. C'est le moyen par lequel on peut appréhender l'Histoire de manière pacifique. L'art encourage l'esprit d'ouverture et l'acceptation de l'autre. La forme artistique est subjective. Elle ne pose pas les questions de manière directe. La peinture s'appréhende principalement par les couleurs et les émotions.
	C. P.  Lorsqu'on a commencé à peindre en duo, nous n'avions pas d'idée préconçue du résultat. Ce qui était important, c'était de vivre l'expérience émotionnellement. La création en duo est différente selon les personnes. Avec Zouhir, comme j'étais l'ancienne «colonisatrice», j'ai accueilli ce qu'il demandait sans mettre de limites. En peignant avec d'autres personnes, des Français notamment, j'ai pris conscience que j'avais également mes propres limites. Lorsque j'ai travaillé sur le collage avec Abdelkader, j'étais en grande difficulté, car il fallait que je peigne à partir de personnages et de textes qu'il collait sur la toile. Au début, il a été difficile d'allier collage et peinture abstraite.

	-Quels sont les objectifs que vous poursuivez à travers cette manifestation ?

	C. P.  Notre objectif principal est de nous retrouver collectivement au cœur d'un espace commun pour rendre hommage à la fin d'une guerre. Le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie est, de mon point de vue, le moment opportun pour organiser un événement artistique qui célèbre l'Algérie et la fin du colonialisme. Nous aspirons à être entendus par la France et par l'Algérie. Notre souhait est que cette exposition continue à être vue en France et qu'elle soit accueillie en Algérie. Parallèlement à l'exposition, deux vidéastes ont réalisé une vidéo qui sera en quelque sorte la mémoire de notre action en faveur de l'indépendance de l'Algérie. Notre démarche est innovatrice.            </description>
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           <title>Le dictionnaire amoureux de l'Algérie : Dico et quiproquos</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	L’immensité du pays justifiait-elle les raccourcis de Malek Chebel ? 
	La collection des Dictionnaires amoureux des éditions Plon, fête son soixantième thème en consacrant un volume à l’Algérie. La rédaction de cet ouvrage a été confiée à l’anthropologue, Malek Chebel, qui a déjà à son actif  un volume dédié à l’Islam et un autre aux Mille et Une Nuits. Cette nouvelle publication coïncide avec la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. L’avantage d’un dictionnaire, c’est d’offrir la possibilité au lecteur de commencer par n’importe quel article et de pouvoir le consulter tout le temps sans craindre, comme dans un roman, de perdre le fil de l’intrigue. Le choix des entrées dans ce genre de cas reste un travail difficile et peut parfois sembler arbitraire ou subjectif. D’ailleurs, l’auteur explique dès l’entame, sa démarche et les motivations qui sont derrière ce travail colossal en écrivant : «J’aime les dictionnaires amoureux, j’ai voulu écrire un livre qui me ressemble, qui soit libre, iconoclaste, anticonformiste, car tels sont l’amour, la passion, le désir, essentiels à la vie mais toujours prêts à évoluer, voire à disparaître.»

	La passion et l’amour apparaissent dès le départ dans l’article qu’il consacre à l’Algérie. Le pays natal de l’auteur tient à des paysages où la mer est un lieu fondateur lié à des souvenirs d’enfance. Les jeux dans la nature luxuriante de la côte de Skikda montrent que l’auteur a un attachement viscéral envers le pays. On découvre avec lui une Algérie de l’insouciance, l’Algérie des lieux magiques où l’on pouvait aller se dorer au soleil dans des criques sauvages sur des bouts de plages féeriques. Cette nostalgie de l’auteur finit par convaincre que l’on a affaire à un pays hors du commun. Après la terre des ancêtres, l’auteur nous fait connaître les hommes qui ont fait la grandeur de ce pays. Il serait fastidieux de les citer tous ici, mais on peut évoquer certaines figures emblématiques, comme le président Ferhat Abbas, un homme politique de grande envergure oublié par l’histoire officielle.

	Malek Chebel recommande, pour mieux connaître le défunt, Ferhat Abbas, de lire la biographie que lui consacrent Zakia Douad et Benjamin Stora. Les passionnés d’histoire savent que c’est un ouvrage de référence par son côté exhaustif, même s’il n’a pas eu le succès escompté en librairie. Malek Chebel n’oublie pas de rappeler que la meilleure façon de connaître le regretté Ferhat Abbas c’est de s’intéresser à sa bibliographie. En le lisant, l’on se rend compte de sa rigueur intellectuelle et de la hauteur de ses vues. D’autres grands hommes sont cités, comme l’Émir Abdelkader et Krim Belkacem, pour souligner leur grandeur et leur apport à l’Algérie. Pour rester dans la lignée des grands hommes, comment ne pas évoquer Kateb Yacine, l’auteur de Nedjma et créateur d’un théâtre iconoclaste en rupture avec un récit national grandiloquent et indigent. L’auteur rend aussi hommage aux bandits d’honneur qui ont surgi de nos campagnes et de nos montagnes pour effacer les injustices d’une colonisation inique et mettre aux pieds du mur les forts et les potentats.

	Dans la continuité de ses coups de cœur, il ne pouvait passer sous silence la gastronomie algérienne à laquelle il consacre un article où sont repris certains plats savoureux qui donnent à notre cuisine son identité particulière. A cet effet, il cite l’incontournable couscous qui se prépare de différentes manières selon les régions et suscite toujours les éloges et l’engouement par les satisfactions qu’il procure aux papilles. D’autres plaisirs du genre sont évoqués, comme la tchekchouka et la savoureuse deglet ennour.
	Mais, au fur et à mesure de la balade à travers les entrées de ce dictionnaire, l’on est un peu heurté par certains raccourcis qui peuvent relever d’une forme de légèreté de la part de l’auteur. Le meilleur exemple se trouve dans l’article concernant la ville d’Alger.

	Selon l’auteur, le meilleur écrivain à en avoir parlé est l’auteur français né dans cette ville, à savoir Louis Gardel. Pour évoquer Alger la Blanche, on évoquerait plutôt le poète Himoud Brahimi, dit Momo, le film-culte Tahia ya Didou d’Ahmed Zinet, les chansons de Guerrouabi, comme Allo Allo… Mais pas à Louis Gardel qui applique le regard de l’école d’Alger et le fameux diptyque «mer et soleil».
	Plus loin, à l’entrée qu’il intitule «Analphabètes trilingues et langue de bois», il écrit : «Les autorités centrales ont décidé d’effacer la langue française des programmes scolaires-dans le primaire, puis au lycée, sans lui substituer une langue de même niveau.» Une affirmation catastrophiste qui n’est fondée sur aucune réalité tangible. L’auteur peut se rassurer car la langue française est encore enseignée de l’école primaire aux études post-graduées. Ce qui est discutable en revanche, c’est la baisse du niveau, partout, même en France où la maîtrise de cette langue est décriée par les politiciens et les pédagogues.D’autres affirmations semblent aussi fantaisistes, quand l’auteur écrit que le théâtre algérien est un théâtre de propagande.

	Les pères fondateurs de cet art doivent se retourner dans leur tombe, eux qui ont navigué entre la censure et le manque de moyens pour en faire un art d’éveil et de prise de conscience. On peut citer à cet égard le travail de Kateb Yacine, Azzedine Medjoubi et le regretté Mohia, précurseur du théâtre d’expression amazighe. Cela n’enlève en rien au travail titanesque réalisé par Malek Chebel. Il peut constituer un prélude à un dictionnaire encyclopédique sur l’Algérie ouvert aux spécialistes des différents domaines défrichés et qui peuvent apporter les éclairages nécessaires à une meilleure compréhension de ce pays riche par sa complexité. Chebel a voulu un livre qui lui ressemble, mais ressemble-t-il à son sujet ?
	 </description>
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           <title>Abecedarius : l’ici et l’ailleurs</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	«Where do you come from ?», lui demandai-je à l’aéroport de Fiumicino, à Rome. Elle me répondit dans un français sans accent : «Je rentre de la douce Djerba». Son bronzage était quelque peu foncé, mais rimait merveilleusement avec sa silhouette élancée. Au moment où l’avion atterrissait à Athènes, elle esquissa une moue, comme si cela lui déplaisait de remettre les pieds chez elle. Nous avions parlé littérature durant le vol entre ces deux grandes capitales antiques. Physicienne de formation, elle connaissait cependant sur le bout des doigts les classiques de la littérature grecque. Je ne pouvais apprécier les poèmes de Sappho qu’elle déclamait incomparablement. Je n’eus de cesse alors de me l’imaginer drapée dans une tunique, à l’image de ces femmes figurant sur des vases de porcelaine et de porphyre de la Grèce antique. J’avais entre les mains une anthologie de poèmes grecs superbement rendus en anglais. J’étais loin de penser que ce qui la chagrinait ressemblait étrangement à mon propre chagrin existentiel, entendez, l’attente de je ne sais quoi d’imprévu et de violent bien sûr.

	Elle semblait déjà regretter Djerba, comme si, à travers sa personne,  la rive nord de la Méditerranée, voulait, à sa manière,  s’amarrer à nouveau à sa consœur du sud dont elle fut séparée aux premiers temps géologiques. «Je vais, dit-elle tristement, attendre chez moi ces barbares qui n’arrivent pas !». Je compris qu’elle faisait allusion au poème de Constantin Cavafy (1863-1933),  qui passa sa vie à Alexandrie. Ce poème figurait dans mon anthologie, et je me mis à la suivre en essayant de deviner les strophes qu’elle débitait par cœur en langue grecque.

	«Vous savez, Monsieur, les barbares sont ici et ailleurs. Nous les attendons toujours. Et même s’ils ne sont pas au rendez-vous, comme dans le poème de Cavafy, eh bien, nous les attendons malgré nous.» Philosophie pour philosophie, je lui ai répliqué : «Vous savez, vous n’êtes pas les seuls à attendre les barbares. Nous aussi, nous attendons les nôtres. Il y en a parmi nous qui attendent Al-Mahdi. En fait, ils sont légion dans le cercle de civilisation à laquelle j’appartiens.»
	L’Europe avait attendu ces barbares avec Dino Buzzati (1906-1972), dans son fameux roman, Le désert des Tartares, mais ils avaient failli au rendez-vous. Avec Julien Gracq (1910-2007), dans Le rivage de Syrte, l’attente fut toute aussi vaine. Quant à nous, sur la rive sud, les barbares, sous une forme ou sous une autre, n’ont cessé de bivouaquer dans nos villes et nos âmes et dans notre manière de considérer l’existence.

	Sa formation reprit le dessus car elle recourut à la physique quantique : «C’est comme dans la théorie des cordes qui tend à expliquer l’univers, à mettre le tout dans deux ou trois équations mathématiques. Ces mêmes cordes qui n’ont, en fait, qu’une existence théorique, sont ici et ailleurs. C’est comme si vous existiez ici et ailleurs dans un dédoublement miraculeux .» «Et si les peuples des deux rives parvenaient à interchanger de lieux et d’espaces ?», lui demandai-je en riant. Elle trouva l’idée merveilleuse et amusante à la fois, allant à me dire qu’elle était possible à réaliser, mais en physique quantique seulement, celle qui, aujourd’hui, s’acharne à faire voyager l’être humain dans les deux sens de l’existence, le passé et  l’avenir.Ne pouvant la suivre dans son raisonnement de physicienne, je lui dis alors : "On ne peut pas effacer l’histoire d’un revers de manche. Les barbares fictifs du nord et les dictateurs réels du sud, finiront par se soumettre un jour.

	L’essentiel est que  les gens de bonne volonté, sur les deux rives de la Méditerranée, fassent le maximum pour s’entendre et exhorter les gouvernants à s’asseoir autour d’une table de temps à autre." Elle esquissa un sourire en me quittant. Moi, je devais poursuivre ma route en direction de Bagdad avec l’appréhension de rencontrer quelque monstre des temps modernes.

	 toyour2@yahoo.fr</description>
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           <title>Le sens particulier d'un anniversaire : Shakespeare l’Africain</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
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           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Le grand dramaturge universel est devenu, post mortem, un griot de notre continent. 
	Cette année, pour l’anniversaire de William Shakespeare, la Royal Shakespeare Company de Stratford-upon-Avon a décidé de célébrer le Shakespeare Mondial. Pour cette manifestation, inaugurée le 22 avril dernier*, la compagnie a invité plusieurs compagnies théâtrales du monde qui ont traduit ou adapté les pièces de Shakespeare. L’Afrique, qui nous intéresse plus particulièrement, est fortement présente avec des tragédies adaptées dans plusieurs pays du continent : le Zimbabwe, le Sénégal, le Mali, la Somalie et la Tunisie, laquelle a proposée une remarquable adaptation de Macbeth qui met en scène le couple déchu Ben Ali. Cette adaptation est intitulée Leïla et Ben : une histoire sanglante. Cette production tunisienne montre combien le répertoire de William Shakespeare demeure plus que jamais d’actualité en Afrique.

	Bien que William Shakespeare soit le parfait symbole de la langue et de la culture anglaises, il a acquis, au fil des siècles, une telle universalité et une telle reconnaissance mondiale que nombreux sont les pays qui le revendiquent comme faisant partie de leur culture. Il est vrai que la manière dont le grand dramaturge s’adresse à l’esprit et à la sensibilité, sa manière de décrypter la psychologie des individus, et notamment des gens de pouvoir, justifie l’intérêt littéraire et thématique présent à travers toute l’Afrique, pendant la période coloniale et postcoloniale. Malgré une idéologie coloniale qui s’est longtemps évertuée à catégoriser l’Afrique comme un désert culturel, il y a toujours eu sur ce continent un intérêt pour Shakespeare.

	Les missionnaires anglais ont introduit Shakespeare auprès des premiers étudiants africains qui ont vite compris qu’il fallait sauver la culture et les langues africaines. Ainsi furent traduites et adaptées les tragédies de Shakespeare comme Hamlet, Jules César, Othello, Le marchand de Venise, en kiswahili, en arabe de Juba, en kikuyu ou en somali, pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique du Nord ; en krio, wolof, bambara, yoruba, en français et en pidgin anglais pour l’Afrique de l’Ouest ; en zulu, en tswana, en xhosa et en ndebele pour l’Afrique du Sud. Les traducteurs expliquent cet engouement par le fait que ces adaptations répondaient à un besoin vital de montrer que les langues africaines, tant dénigrées et qualifiées de primitives, sont aussi riches et variées que l’anglais et qu’elles peuvent exprimer toutes les subtilités et toutes les complexités littéraires que l’on peut trouver dans le théâtre de Shakespeare.

	Ainsi, le grand dramaturge s’est trouvé, malgré lui si l’on peut dire, engagé dans la survie culturelle des Africains et dans la réhabilitation de leur langue.Cette bataille n’a pas eu seulement une dimension culturelle, mais elle s’est également traduite au plan politique. Des expériences passionnantes ont ainsi eu lieu sur le continent. Des étudiants ougandais et nigérians lisaient les tragédies Le roi Lear et Othello dans les villages pour le plaisir artistique, mais aussi pour éduquer les populations rurales. Ils utilisaient des masques africains et des chants traditionnels qui attiraient beaucoup les villageois illettrés. Ces spectacles, basés sur les tragédies de Shakespeare, renouaient avec les arts précoloniaux et la tradition des griots, équivalents des "meddah" ou "goual" du Maghreb.

	Les traducteurs, dramaturges et metteurs en scène africains savaient que les proverbes, les plaisanteries, les railleries, les chœurs, tels qu’utilisés par Shakespeare, répondaient à des registres faisant partie des cultures africaines. La musique, la danse, les mascarades et les mimes, qui étaient fort appréciées par le public du théâtre élisabéthain, parlaient à tous les publics africains. Les Africains ne se trompaient pas en comparant le barde qu’était Shakespeare au griot qui racontait l’histoire du village, de la région, du pays. Ces tragédies, traduites ou adaptées, questionnaient et critiquaient le système colonial et le racisme. Avec la post-indépendance, Shakespeare est revenu en force sur la scène africaine dans la mesure où, l’euphorie de la libération passée, les désillusions commencèrent et les colères s’amplifièrent, notamment du fait de certains leaders africains qui se transformèrent en dictateurs ou de despotes autoproclamés par la force, comme Idi Amin Dada.

	Les traductions et les adaptations se multiplièrent, comme celles de Julius Nyéré, qui a traduit Le marchand de Venise en 1972, ou de divers universitaires de Kampala qui ont traduit Macbeth et La tempête en kiswahili. En Ouganda, il est rapporté que les tragédies étaient lues en public, dans les milieux populaires. En Sierra Leone, Shakespeare est devenu une véritable tradition, implantée depuis la période coloniale. Thomas Decker a traduit Jules César pour montrer que sa langue, le krio, était aussi précise et expressive que la langue anglaise. Il voulait offrir aux populations du Sierra Leone, qui ne comprenaient pas l’anglais, la beauté du texte shakespearien dans leur langue maternelle. Ce fut le cas aussi au Mali et au Sénégal.

	Des héros comme Hamlet, Macbeth et Othello, plaisent au public africain qui voit dans leurs destins théâtraux respectifs une critique directe et vivante des dictateurs. Au Nigeria, le dramaturge Wole Soyinka, prix Nobel de Littérature (en 1986), s’inspira de Shakespeare. Au Ghana, le dramaturge, Joe de Graft, a adapté Macbeth avec une pièce intitulée Mambo mon époux, jouons.  Dans cette adaptation, il dénonce la corruption, le pouvoir oligarchique, l’ambition, l’exploitation du peuple, les trahisons et les crimes politiques. En effet, nombreux sont les leaders africains qui peuvent être parfaitement des personnages de tragédies. Wale Ogunyemi a monté à Ibadan, au Nigeria, une version d’une heure de Macbeth en langue yoruba où les thèmes de Shakespeare sont mêlés à la mythologie ancienne de ce pays. Au Botswana, Macbeth est aussi adaptée pour contourner la censure : les personnages sont transformés en babouins, une belle allégorie pour éduquer le peuple et critiquer les pouvoirs dictatoriaux.

	Le grand Aimé Césaire a traduit La tempête, une adaptation pour un théâtre nègre, qu’il a présenté au Festival de Hammamet en 1969. La pièce présente Caliban le Noir de manière positive contre Prospéro le Blanc. Le personnage Caliban est en révolte, en marche vers l’histoire post-coloniale. En Afrique du Sud, une vraie tradition est apparue aussi dans l’utilisation de Shakespeare durant la lutte contre l’apartheid, comme avec Solomon Plaatje, précurseur de la littérature noire dans ce pays, qui a traduit Jules César en 1923. On peut citer encore la mise en scène de Chaka le roi Zulu, à partir de cette même pièce. Shakespeare était présent à Robben Island où tous les prisonniers politiques, au lieu de lire des livres religieux ou des romans, ont choisi les œuvres complètes de Shakespeare, y compris Nelson Mandela, qui passa de longues années de son emprisonnement à lire cet auteur universel.

	Shakespeare est devenu ainsi africain, car adopté par les Africains et mêlé à leurs préoccupations, sensibilités et combats. Il est remarquable qu’une institution, aussi britannique et shakespearienne que la Royal Shakespeare Company de Stratford-Upon-Avon, le reconnaisse et en fasse la promotion auprès des publics anglais. Et, à l’heure de la mondialisation, Shakespeare vaut sans doute mieux que MacDo ou autres symboles de l’uniformisation de la planète.                                   

	 

	*William Shakespeare est né probablement le 23 avril 1564, à Stratford-upon-Avon et est décédé le 23 avril 1616 (ndlr).</description>
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	Pièce irakienne Roméo et Juliette à Baghdad.
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           <title>Shakespeare, pas très Algérien !</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Il est symptomatique que pour désigner certaines langues, on ait recours aux hommes de théâtre et non aux écrivains. 
	Ainsi, de l’anglais, dite langue de Shakespeare, et du français, dite langue de Molière. Comme si l’oralité l’emportait sur l’écrit parce que la langue est dans la bouche.  Du fait de l’histoire coloniale, nous n’avons pas eu, en Algérie, de grandes accointances avec William Shakespeare. Aux origines du théâtre algérien, c’est vers Molière que se sont tournés les pionniers algériens du quatrième art, Allalou, Mahieddine Bachetarzi et d’autres encore, lesquels, en adaptant les pièces du grand dramaturge français, ont transposé les critiques de cet auteur dans l’univers colonial, exactement de la même façon que leurs pairs anglophones du continent avec Shakespeare. On peut regretter que le répertoire universel classique (mais Shakespeare et Molière le sont-ils vraiment ?) ne semble pas intéresser de nos jours nos dramaturges, autant pour des adaptations que des interprétations. On peut regretter aussi que Shakespeare n’ait pas suscité plus d’intérêt dans ce sens.

	L’enseignement de l’anglais apparaissant si basique dans notre pays, l’idée semble relever de la chimère.
	Sinon, nous avions souligné dans ces colonnes, l’adaptation, en 2007, de Hamlet par une troupe de Tindouf, «Ennoussour». C’est dans cette ville aussi, où l’on semble aimer le grand théâtre, qu’à la même période, la troupe «El Melka» adaptait En attendant Godot de Samuel Beckett. Depuis, plus de nouvelle de Shakespeare en Algérie. Quoi d’autre ? Oui, la tour Shakespeare à El Mouradia, Alger. Mais qui sait encore que ce bel ouvrage d’architecture moderne se nomme ainsi ? Le British Concil d’Alger s’en inquiète-t-il ?
	 </description>
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	Pièce tunisienne Leïla et Ben.
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           <title>Malo do Livro</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	L’année dernière, tandis que les «pays avancés» subissaient encore la crise économique, le Brésil est devenu la 6e puissance économique du monde, devant la Grande-Bretagne. 
	Les analystes estiment que cette année, il devrait ravir la cinquième place détenue par la France. Cette émergence est le résultat d’un redressement spectaculaire de cette nation, et notamment de l’action du président Luiz Ignacio Lula da Silva et des forces sociales et élites politiques, scientifiques et culturelles qui l’ont accompagné dans la conception et la mise en œuvre de son programme.
	Cet effort admirable, quand on sait d’où revient ce pays, s’est concentré sur la question économique et sociale, mais il s’est aussi exercé sur la sphère culturelle en en faisant une alliée et un tremplin du changement global. Cela est visible dans plusieurs domaines et tout particulièrement dans celui du livre et de la lecture.  

	Le travail de recherche très intéressant d’un universitaire brésilien sur les bibliothèques privées et les pratiques de lecture dans le Brésil colonial a pu montrer que ce pays n’avait pas de grandes traditions en la matière. Au XVIe siècle, on ne comptait que peu de livres et on signalait comme un recordman, un certain Rafael Olivi, Italien installé à Ilhéus, dans l’Etat actuel de Bahia, qui possédait 27 livres. Au XVIIIe siècle, les bibliothèques privées se développent un peu et commencent à abriter des ouvrages de science et de littérature, sans affecter la domination des livres religieux. Au XIXe siècle, l’urbanisation attire dans les grandes villes naissantes des lettrés qui viennent travailler dans les administrations, les tribunaux ou les services.

	L’exigence de la lecture chez ces catégories entraîne une plus grande présence du livre. Mais le livre et la lecture sont loin de se répandre dans la société où la pratique la plus courante reste la lecture à haute voix de livres à des groupes d’auditeurs se recrutant dans les classes aisées ou moyennes. Fondamentalement, le livre, bien que progressant, restera en position de faiblesse durant la première moitié du XXe siècle, malgré les progrès de la scolarisation qui connaîtra une avancée marquée qu'à la fin des années 90' et au début des années 2000 avec le président Cardoso. C’est que le Brésil, pays immense de 8,5 millions de km² (près de 4 fois l’Algérie), avec plus de 185 millions d’habitants, a connu des disparités sociales énormes entre une infime partie richissime de la population et la grande majorité pauvre ou misérable.

	Cette disparité est accrue par des déséquilibres régionaux terribles qui voient la moitié des richesses du pays concentrées sur 15% du territoire, soit la région du Sud-Est. A cela, s’ajoutait un déficit du budget public, un endettement extérieur lourd et un manque flagrant d’infrastructures et d’équipements sociaux parfois effroyable, comme en Amazonie. Dès son élection en 2003, le président Lula da Silva a placé la question culturelle, et notamment celle du livre et de la lecture, comme un élément important de sa politique globale. Il «a clairement exprimé sa volonté de créer les conditions nécessaires à l’accession des classes moyennes et défavorisées à la culture, et en particulier au livre, soulignant que la culture écrite et la lecture sont des instruments indispensables à l’époque contemporaine pour que l’individu développe pleinement ses capacités, à titre personnel et au sein de la collectivité.»                                         

	Deux moments importants ont matérialisé cette volonté. Le premier, en 2003, s’est traduit par l’adoption d’une Loi du Livre obligeant l’Etat fédéral, les Etats fédérés et les municipalités à consacrer une part de leur budget à l’entretien des bibliothèques et à l’acquisition de livres. Dans un deuxième temps, en 2006, le gouvernement a adopté le Plan national du livre et de la lecture (PNLL) en procédant parallèlement à la fusion du ministère de la Culture et du ministère de l’Education, en vue de «doter le Brésil d’une politique de lecture publique pérenne». Quatre objectifs principaux, correspondant à quatre étapes ont été retenus dans ce plan : «démocratiser l’accès au livre en implantant de nouvelles bibliothèques, en renforçant le réseau déjà existant et en poursuivant les campagnes de distribution de livres ; former des médiateurs et inciter à la lecture à travers des projets sociaux, des prix littéraires et l’informatisation du réseau ; valoriser la lecture par des campagnes de communication nationales et médiatiques ; enfin, développer la chaîne de production du livre grâce à des aides aux auteurs, éditeurs, libraires et distributeurs et promouvoir à l’extérieur la production brésilienne».

	Ce programme impliquait 14 ministères, des organisations privées, et des organisations non gouvernementales. Le premier objectif, lié à la création de bibliothèques, s’est avéré bien difficile du fait des insuffisances et disparités. Le Brésil comptait environ 4000 bibliothèques sur son territoire et il lui fallait en avoir «au minimum 10 000 pour atteindre un niveau de couverture européen». Sur ces 4000 bibliothèques, un cinquième se localisait dans deux Etats du sud-est et 1000 communes en étaient dépourvues. De plus, les bibliothèques existantes ne disposaient souvent d’aucun moyen et se contentaient de dons de vieux livres. Cette situation perdurait malgré le programme «Une bibliothèque dans chaque commune» qui, en 1996, visait à doter 6000 communes. Ce projet réussit néanmoins à en créer 1000 et à en rénover 500.

	La majorité de ces actions eurent lieu encore dans le Sud-Est, car le programme obligeait les communes, généralement pauvres, à fournir le local, le mobilier et payer les salariés, l’Etat fédéral leur allouant 10 000 euros pour le fonds initial. Toujours avant Lula, le ministère de l’Education distribuait aux écoles les livres scolaires et littéraires, touchant, en 1999, environ 36 000 établissements sur 170 000, dont seulement 49 000 disposant d’une bibliothèque. Cela a conduit en 2001 à changer de méthode par le biais du programme «Littérature dans ma maison» distribuant à 8,5 millions d’élèves, de 10 et 11 ans, des lots de 5 livres (recueil de poésie, nouvelle, conte, œuvre classique, pièce de théâtre ou livre de tradition populaire) qu’ils pouvaient emporter chez eux. Cette opération, qui concernait aussi les établissements formant les jeunes désirant reprendre leurs études, aurait coûté chaque année 14 millions d’euros. Elle a été remise en cause, entres autres raisons, du fait de la qualification insuffisante des enseignants pour accompagner la lecture des enfants, d’où un programme pour les sensibiliser eux-mêmes et les former à cette nouvelle tâche pédagogique.

	Le gouvernement Lula a poursuivi le travail entrepris en introduisant des changements inspirés des expériences de certaines municipalités gérées par sa formation, le Parti des Travailleurs et surtout celle de Ribeiàro Preto, ville de 500 000 habitants dans l’Etat de Sao Paulo. En 2001, les élus de cette ville ont créé 80 bibliothèques, dotées chacune de 3000 livres neufs, avec comme objectif d’atteindre le ratio d’une bibliothèque pour 6000 habitants. Ces créations ont eu lieu dans les quartiers mais aussi les hôpitaux, les prisons, les associations, les syndicats, les églises… Ceci s’est accompagné de la naissance d’un Salon du Livre, devenu rapidement le 2e du pays, avec 300 000 visiteurs par an et autant de livres vendus. Cet événement périodique a dynamisé le goût de la lecture, d’autant qu’il est soutenu, tout au long de l’année, par d’innombrables manifestations littéraires, généralement abritées par les bibliothèques. En 2004, une enquête d’un cabinet privé a montré qu’à Ribeiàro Preto, l’indice de lecture est passé en trois ans de 1,8 (l’indice national) à 9,7 livres par an et par habitant. Durant l’enquête, un tiers des habitants lisait au moins un livre et 75% déclaraient aimer lire. Une révolution.

	Cet exemple a beaucoup inspiré la politique du livre de Lula qui est poursuivie actuellement par sa remplaçante, Dilma Rousseff, membre de son parti et ancienne chef de son cabinet. Il s’agit de créer 1000 bibliothèques dans les communes qui en sont privées, de continuer la distribution des livres en fournissant près d’un million de livres par an aux Etats et un million d’autres, accompagnant les cestas basicas (lots de nourriture de base vendus à petit prix aux familles démunies ou distribués dans des cadres sociaux). Il s’agit aussi de multiplier les salons du livre locaux et de promouvoir le livre et la lecture dans les médias par des campagnes dans la presse et surtout à la télévision et à la radio.

	D’ailleurs, même les novellas (feuilletons télévisés) ont vu leurs personnages se mettre à lire ou à parler de leurs lectures ! Autres objectifs : la multiplication par 10 des librairies et l’aide aux éditeurs pour augmenter leurs tirages qui étaient de 4000 en 1990 avant de chuter de moitié. Le programme visait aussi à former les professionnels du livre, par l’intermédiaire d’un Observatoire du Livre et de la Lecture, et notamment de 1000 médiateurs de lecture en 2006. Une mesure importante a consisté à supprimer tous les impôts sur le livre, faisant baisser son prix de 10% selon les éditeurs. En contrepartie de cette exonération totale, l’Etat prélève 1% sur chaque livre vendu. Ce prélèvement a permis d’alimenter le Fonds du livre de 12,5 millions d’euros par an, en plus des 15 millions dotant l’Institut national du livre et de la lecture.

	Les observateurs ont estimé que ces moyens financiers restaient dérisoires au vu de l’objectif ambitieux d’augmenter l’indice de lecture de 50% au Brésil. La question financière a constitué un frein réel car, si le Brésil a réalisé des performances économiques formidables, il éprouve encore des difficultés au plan des budgets et au regard de l’ampleur de l’entreprise. Cependant, le Plan National du Livre et de la Lecture aurait déjà connu une réalisation à 30% de ses actions, bien que près de la moitié concerne encore le Sud-Est, ce qui peut s’expliquer par le fait qu’elles ont relevé à 45% des municipalités et que celles disposant de moyens se trouvent dans cette région.
	Le décalage entre les objectifs et la réalité des moyens est sans doute un obstacle. Mais, d’un autre côté, il faut reconnaître à Lula d’avoir su prolonger les mesures positives de ses prédécesseurs et de les avoir amplifiées et approfondies.

	De même, alors que son action en la matière se poursuit avec la Présidente actuelle, on peut constater que ce programme a surtout réussi à enclencher une dynamique sociétale et citoyenne, renforcée par le développement des couches moyennes, quasi-inexistantes ou paupérisées auparavant, et que la croissance économique du pays régénère. Ces nouvelles couches moyennes sont fortement demandeuses de livre et de lecture et leur engouement se répercute sur la chaîne du livre, autant pour l’éducation de leurs enfants que leurs propres besoins professionnels, scientifiques et littéraires. Et le goût pour le livre s’est répandu aussi dans les classes sociales défavorisées. Ici et là, les expériences des municipalités sont encouragées ou promues. Brasilia, la capitale du pays, qui était pourtant indigente dans le domaine, a pris des initiatives originales.

	L’une d’elles, fruit de l’imagination d’une bibliothécaire, a donné, en 1990, l’opération Malo do Livro, Bibliothecas domiciliares (Valise des livres, biblio à domicile). Ce programme a proposé aux habitants d’accueillir dans leurs maisons des petites collections disponibles pour leurs voisins et à susciter ainsi des échanges de proximité. Une campagne de dons a permis en 1997 de recueillir 300 000 livres dans les stations services avec une moyenne de 3000 livres par mois. C’est la conjonction du programme national avec les initiatives locales, qui servent d’exemples ailleurs, qui pourra sans doute amener à la réussite des objectifs. En attendant des évaluations plus récentes et au-delà des chiffres, le programme Lula est surtout une transformation des mentalités à l’égard du livre et de la lecture.             
	
	Sources : «Les politiques de lecture publique au Brésil», Cécile Le Tourneau, Bulletin des bibliothèques de France, 2005 ; «L’édition jeunesse et bande dessinée au Brésil», Gilliane Joly, BIEF, 2009 ; «Biblio privées et pratiques de lecture au Brésil colonial» de Luiz Carlos Villalta,  Université fédérale de Ouro Preto, Brésil.
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	Bibliothèque de Sao Polo
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           <title>Fronton : tristes tropismes</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Entendu lors d’une émission culturelle à la radio, de la bouche d’une personne qui, par ailleurs, semblait tout à fait sensée : «C’est avec les toiles des orientalistes qu’on découvre les traditions et modes de vie anciens en Algérie». La phrase a de quoi révolter. Mais, plus que cela, c’est surtout de la tristesse qu’elle amène.Tristesse de constater que la peinture orientaliste, née dans le giron de la colonisation, et qui a globalement périclité après les indépendances – sauf dans les ventes aux enchères –, soit devenue un modèle dans les pays où elle s’élaborait. Tristesse qu’en Algérie, et au Maghreb en général, le goût pour cette école n’ait jamais été aussi répandu, comme s’il plaisait à certains que leurs ancêtres aient été dépeints comme des «objets» et non des «sujets».

	Tristesse qu’au-delà d’un attrait artistique, on confère à cette peinture un rôle de témoignage, sinon de validation socio-historique. Tristesse encore devant l’engouement de peintres algériens à pasticher les orientalistes, sans leur talent souvent, créant ainsi ce que nous avons nommé un auto-orientalisme. Tristesse de voir de nombreux décideurs, dans leurs intérieurs, mais aussi pour l’espace public, encourager la reproduction de gravures et peintures orientalistes, croyant, souvent sincèrement, qu’elles incarnent notre passé. Tristesse d’une ignorance artistique dont l’Ecole et la Télévision sont grandement responsables.Qu’on s’entende. Chacun est libre de peindre ce qu’il veut et d’aimer ce qui lui chante.

	Par ailleurs, les peintres orientalistes n’étaient pas tous d’affreux défenseurs de l’oppression. La plupart d’entre eux, relais artistiques de l’idéologie coloniale, en étaient mêmes les victimes. Attirés par la lumière de l’Afrique du Nord, mais aussi sa mythologie (car en quoi les clairs-obscurs des peintres flamands seraient-ils moins fascinants ?), ils ont peint parfois des œuvres sublimes. Mais, forme et contenu étant inséparables, cette qualité était vouée à la mise en scène de ce que l’Europe voulait voir et qu’on leur avait inculqué. Le fantasme sexuel des «femmes arabes», en odalisques constamment disponibles. Le fantasme de l’homme indigène, absent de leurs toiles, dans l’idée du «terra nullius» (territoires sans maîtres) justifiant les conquêtes, ou soumis, paresseux, fanatique, violent…

	Le fantasme du désert, mythe magnifique et trompeur, mirage dans le miracle naturel. On ne peut cependant leur reprocher de ne pas avoir été Algériens à notre place ! Il s’agit simplement de ne pas sombrer dans l’aberration où nous sommes à leur égard. Comment expliquer qu’à ce jour, nous n’ayons pas donné lieu à une peinture figurative échappant à l’orientalisme ? Quand donc un peintre algérien figuratif peindra un jeune couple d’aujourd’hui au Jardin d’Essai, des pêcheurs de Jijel tressant leurs filets ou un coucher de soleil sur les derricks de Hassi Messaoud ?</description>
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           <title>...et les autres brèves</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	-Mosta : théâtre amateur

	La 45e édition du Festival national du théâtre amateur de Mostaganem, l’un des plus vieux d’Algérie, se tiendra du 26 août au 3 septembre, a annoncé le commissariat de ce festival. Cette édition revêtira un cachet particulier du fait qu’elle coïncidera avec le cinquantenaire de l’indépendance. Elle verra la participation de douze troupes du théâtre amateur, issues de différentes régions du pays. Des conférences et des représentations théâtrales, ayant pour thème la guerre de Libération nationale, ont été retenues pour cette manifestation culturelle. La troupe «Mesrah El Bahr» (Théâtre de la Mer) de Mostaganem a remporté, rappelle-t-on, le grand prix en 2011 avec sa pièce «El intiquam» (La Vengeance).
	
	-Bande dessinée : le FIBDA s’annonce

	Le Festival international de la BD d’Alger, FIBDA, a déjà pris ses marques en annonçant, dès maintenant, sa cinquième édition qui se tiendra du 6 au 13 octobre, soit huit jours au lieu des quatre habituels. Cette édition sera placée sous le signe du Cinquantenaire de l'Indépendance. Et donc, le pays à l'honneur sera... l'Algérie. Dans ce cadre, une exposition retraçant 50 ans de BD algérienne sur 1000 m2 constituera le clou de cette rencontre. Elle rassemblera, sur une scénographie originale et thématique, tous les auteurs qui ont marqué la BD algérienne, depuis Arram jusqu’à L'Andalou, jeunes et anciens dans le même espace. Une forte délégation étrangère, l’une des marques de fabrique du Festival avec son travail de promotion en direction des jeunes (concours, ateliers, édition…), permettra de présenter les auteurs d’une trentaine de pays, et parmi eux des pays qui ont accompagné le mouvement national algérien. On comptera ainsi Cuba, les USA, la Belgique, mais aussi le Japon, la Belgique, la Suisse, ainsi que de nombreux grands pays de BD, comme l'Angleterre, l'Italie... Le Maghreb et le Machreq seront représentés par des bédéistes marocains, tunisiens, égyptiens, libanais...

	-Constantine : à la carte !

	L’originalité et la variété des cartes postales anciennes ornant les murs du somptueux palais du Bey de Constantine, transformé pour la circonstance en immense galerie d’exposition, suscitent un surcroît d’excitation chez les visiteurs déjà subjugués par la beauté des lieux. La collection, exposée dans le cadre du Mois du Patrimoine, offre l’occasion de découvrir des images superbes, parfois étonnantes. Les places, carrefours, boulevards et venelles de la ville du Vieux Rocher, où déambulent librement des passants... Des scènes prises sur le vif, difficiles à imaginer de nos jours, font pousser des soupirs de nostalgie aux plus âgés parmi les visiteurs dont l’un a affirmé : «C’est le progrès, on n’y peut rien, mais que voulez-vous, moi je préfère cette autre ville».              (d’après APS)
	
	-Aït Menguellet : cap Canada

	Le chanteur Lounis Aït Menguellet animera un concert le 1er juin prochain à la salle «Olympia» de Montréal, à la grande joie de la grande et jeune communauté algérienne établie au Canada, a appris l’APS auprès de son coordonnateur artistique à Paris. «Ce concert signe le retour de Lounis auprès de ses fans au Canada, après 17 ans d’absence artistique dans ce pays», a indiqué Farid Ouahmed. Le grand artiste a déclaré : «C’est un véritable plaisir de revoir les nôtres de Montréal. J’ai gardé un excellent souvenir de mon précédent gala en 1995, en espérant que ce sera un bonheur renouvelé.» Avant son voyage transatlantique, Lounis Aït Menguellet se produira en France le 11 mai prochain, dans un centre culturel en Picardie. Il est aussi attendu le 16 septembre à Paris, et le 18 novembre à Lille. Toujours aussi prolifique et talentueux, le barde a gardé son entrain pondéré.
	
	-Paris : Algérie sur Seine

	L’Algérie demeure constamment présente dans les programmations culturelles en France, notamment en cette période de cinquantenaire de l’Indépendance. Du 11 au 13 mai, se tient à la Halle des Blancs Manteaux, à Paris, le Salon du livre Libertaire. Cette rencontre met en avant, parmi les auteurs invités, Jeanne Puchol qui vient de publier un témoignage intitulé «Charonne-Bou-Kadir, 1961-1962, une enfance à la fin de la guerre d’Algérie», un ouvrage qui devrait «livrer de surprenants secrets» (le 12, après-midi).
	
	-Concours littéraire : jeunes, vos papiers !

	Le 5e Festival International de la Littérature et du Livre de Jeunesse (FELIV), qui se tiendra du 14 au 22 juin 2012, à Riad El Feth, a lancé depuis le 20 avril 2012 un concours de nouvelles dans les trois langues (arabe, tamazight, français) pour les jeunes Algériens de 18 à 30 ans, résidant en Algérie. Pour cette édition, le concours sera axé autour de la thématique «Dire l’Algérie» et parrainé par des auteurs algériens de renom : Inaâm Bayoud pour la langue arabe, Rachid Mokhtari pour la langue tamazight et Maïssa Bey pour la langue française. Les nouvelles devront être rédigées dans le prolongement des amorces écrites par les auteurs sus-cités et que vous retrouverez sur le site web du festival : www.feliv.dz. Les modalités de participation, ainsi que le règlement du concours sont également disponibles sur le même site.

	-Coupe d'Algérie : la musique du foot

	We are the world est sans doute une belle chanson. Œuvre de Michael Jackson et Lionel Richie, elle a été créée en 1985 pour contribuer à la lutte contre la faim en Ethiopie. Pour cela et pour sa qualité artistique, elle mérite le respect. Mais étaient-ce des raisons suffisantes pour en faire le fond musical de la remise, le 1er mai, par le président de la République de la coupe d’Algérie à la méritante Entente de Sétif ? Sans se fermer aux autres, on aurait pu considérer que dans cette joute sportive entre Algériens, une chanson du terroir aurait donné plus de chaleur à la fête ?
	
	-Marché de l'art : record d’une vente à la criée

	Une version du «Cri», pastel du peintre norvégien Edvard Munch, a été adjugée dans la nuit de mercredi à jeudi chez Sotheby's à New York pour la somme record (pour une vente privée) de 119,92 millions de dollars (91 millions d'euros), devenant l’œuvre d'art la plus chère jamais vendue aux enchères. La vente, très disputée entre sept acheteurs, a duré seulement 12 minutes, s’achevant par des applaudissements nourris de la salle archicomble de Sotheby's. Ce pastel, réalisé en 1895 et représentant un homme criant, les mains sur les oreilles, sur fond de ciel ensanglanté à Oslo, était la seule des 4 versions du «Cri» encore détenue par un particulier. Le record était jusqu'à aujourd'hui détenu par une œuvre de Picasso, «Nu au plateau de sculpteur», qui avait été attribuée pour 81 millions d'euros chez Christies's, le 4 mai 2010.

	-Conférence : les individus sont-ils solubles dans le capitalisme ?

	Philippe Corcuff, maître de conférences de science politique à l’IEP de Lyon présente à Alger une conférence sur le thème «Individus, critique du capitalisme et émancipation». A rebours de la marginalisation de l’individu à gauche à travers la domination d’un logiciel «collectiviste», il est aujourd’hui possible de réévaluer la place de l’individualité, en lien avec des valeurs coopératives et solidaires, tant du côté de la critique du capitalisme que de la perspective d’émancipation. Cela permettra de découvrir la part individualiste de l’anticapitalisme de Marx, mais aussi d’explorer de nouvelles pistes émancipatrices : le langage renouvelé du rap, la tension entre biens communs et singularité individuelle chez Levinas ou encore le bricolage de soi émergeant des interférences entre Marx, Oscar Wilde et Michel Foucault. Philippe Corcuff est membre du laboratoire du Centre de Recherche sur les liens sociaux) à l’université de Paris Descartes. Il publie ce mois «Philosophie, cultures ordinaires et engagements» (Ed. La Découverte). Institut Français d'Alger, dimanche 6 mai, de 17 à 19 h.
	
	-SFAX : les bons contes…

	La ville tunisienne de Sfax accueille jusqu’au 12 mai prochain le Festival international du conte. Une trentaine de conteurs, issus d’Algérie, de Tunisie, de Libye, d’Egypte, du Yémen, du Maroc, de Palestine, de France et d’Italie prennent part à la manifestation organisée par l’association «Dounia el Hikaya» (Le Monde du Récit) en partenariat avec diverses institutions locales et européennes. Le conteur bien connu, Salah Eddine Turki, y représente l’Algérie avec un répertoire bien de chez nous.
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           <title>La grandeur d’une petite</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Une publication admirable, œuvre des étudiants de l’EHEC d’Alger. 
	Elle a tout d’une grande, cette petite revue trimestrielle de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales d’Alger, sise à Ben Aknoun. Une identité originale d’abord avec son titre bien recherché, Oxymore, qui désigne une expression aux termes contradictoires, comme les célèbres  «silence assourdissant» et «clarté sombre». Une belle façon d’affirmer une volonté d’informer et de commenter, sans parti pris et en recherchant, à chaque fois, les contrastes et angles de vues différents d’un sujet. L’identité, c’est aussi celle de la forme. Oxymore se distingue par un format très pratique (un demi-A4) adapté à la vie estudiantine, et une maquette très classe, oscillant entre l’académisme et des audaces créatives qui créent encore du contraste et permettent surtout une lecture aisée. Parvenue à son troisième numéro, daté d’avril dernier, la revue confirme la validité d’une belle aventure rédactionnelle.

	Entièrement conçue et réalisée par les étudiants de cette école, la qualité de ses articles a de quoi honorer son équipe et leur établissement. Une bonne et parfois excellente maîtrise de la langue, une construction rationnelle des textes, un sens marqué de l’analyse. A bien des égards, Oxymore se présente, d’ores et déjà, comme une véritable pépinière de futures plumes du journalisme ou de la littérature. Cela peut paraître paradoxal dans une école d’études commerciales. Mais, si l’on se penche sur l’évolution actuelle du monde, on constate qu’après les déboires d’une spécialisation forcenée qui, durant près d’un siècle, avait isolé les mondes de la science, de l’art et de l’entreprise, la tendance est revenue vers un certain universalisme.

	Dans la formation et le recrutement des élites économiques et financières, la culture générale a repris une place importante. Et, dans le monde entier, les entreprises les plus en pointe, accordent désormais un intérêt particulier au mécénat d’art et au sponsoring culturel tout en encourageant, en interne, la valorisation des talents. Il y a quelques années, un des plus grands groupes bancaires suisses d’envergure internationale avait, pour dirigeant numéro deux, un docteur en histoire de l’art et jamais sa compétence n’a été mise en défaut. L’initiative éditoriale des étudiants de l’EHEC d’Alger est donc bien dans le ton de l’évolution managériale contemporaine, où l’on recherche plus des gens capables de penser, d’imaginer et de se projeter au diapason des nouvelles configurations et idées du monde que de calculer et de mesurer, ce dont se chargent aujourd’hui de simples applications informatiques ou progiciels d’entreprises.

	Le sommaire du troisième numéro de la revue Oxymore est d’une densité et d’une diversité qui étonneraient même des professionnels. Et si les articles, bien fouillés, font montre parfois d’une certaine naïveté ou maladresse, c’est toujours au bénéfice d’une fraîcheur salvatrice. Impossible ici de relater tout le sommaire de la revue qui fourmille de sujets sur la vie internationale, nationale, l’environnement, l’architecture, la société, la culture, l’art… Signalons quelques articles qui ont attiré notre attention.  «Business, what else ?» : sous ce titre décapant, Selma Hammada se livre à une analyse géostratégique de la crise mondiale. Ibrahim Beltas tente de montrer en quoi la zakat, appliquée à l’économie mondiale, guérirait l’humanité des affres de la pauvreté et de la faim. Yacine
	Grimouche fait découvrir la dynamique association de jeunes SOS Bab El Oued.

	Dans une chronique acerbe, le rédacteur en chef, Sofiane Mezache, s’en prend aux «princes de la mort» et Joy Cara, pseudonyme d’une jeune Algérienne, raconte «Le journal intime d’une carte de séjour» en France. Aldjia Benaïssa nous fait découvrir Assia Bennouar-Abdedaïm, médecin constantinoise passionnée d’égyptologie qui a trouvé une solution possible au mystère de la construction de la Pyramide de Chéops ! Norya propose la «Chronique d’une Algérienne en Chine». Un beau portfolio nous invite à visiter Alger by night avec des photos de Mustapha Sellali et des textes de Neïla Zouambi. En Culturelle, nous avons noté une présentation intéressante par Hind Djiari de Zineddine Bessaî, artiste contemporain prometteur dont la dernière prestation au Mama, «H-Out», dessine la cartographie des harraga. Son œuvre reproduite, précède un amusant portrait de Charles Bukowski, «Doublement foutu», signé Aymen Anis
	Allache. Quant à Awel Houati, avec un sens remarquable de la critique de cinéma et de musique, elle se livre à une analyse, à la fois juste et sensible, du film-action El Gosto de Safinez Bousbia, soulignant qu’il veut «renouer avec la Nost’Alger au détriment de l’histoire».  

	Oxymore propose encore bien des surprises, avec notamment des pages d’expression littéraire. On notera qu’en bons futurs «commerciaux», ses animateurs ont réussi à attirer des annonceurs qui méritent d’être félicités. Enfin, bien sûr, une rubrique est consacrée à l’Ecole et en révèle le dynamisme et le bouillonnement professionnel et intellectuel.                               </description>
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           <title>Menace de disparition : appel à la sauvegarde</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	La Librairie des Beaux-arts, 28 rue Didouche Mourad, Alger, est à nouveau menacée de disparaître. 
	Une décision d’expulsion a été  prononcée par la justice à l’encontre du gérant actuel. Son exécution est imminente et nul ne sait après ça ce qu’il adviendra de ce lieu mythique. Deviendra-t-elle un lieu de restauration rapide, ou un magasin de chaussures et maroquinerie de marques toutes plus contrefaites les unes que les autres, ou enfin se transformera-t-elle en boutique franchisée de vêtements made in China ?Cette librairie qui existe depuis les années 50 symbolise un patrimoine culturel et historique cher à plusieurs générations d’étudiants, artistes et écrivains algériens qui y ont acquis les livres, les disques, les toiles qui ont compté dans leurs vies, leurs formations ainsi que leurs carrières professionnelles et culturelles. Vincent Grau, libraire de ce lieu, avait choisi de lier son destin à l’Algérie après l’indépendance et de poursuivre son engagement en restant à son poste durant les années de terreur. Il a été lâchement assassiné dans cette librairie le 22 février 1994.

	Devons-nous accepter passivement que de tels lieux se transforment en simples boutiques de consommation ? Qu’ils disparaissent de la mémoire de la ville d’Alger et de nos âmes ? N’est-il pas possible d’agir pour refuser cette issue fatale et rechercher ensemble les voies et moyens  de maintenir l’activité de librairie en ce lieu ? Des femmes et des hommes de culture de tout le pays, des habitants du quartier, des amoureux de la ville et des livres se sont consultés pour signer cet appel afin de faire prévaloir l’intérêt général sans porter préjudice aux droits de propriété garantis par la Constitution que nul ne remet en cause.

	Nous en appelons aux autorités compétentes, ministère de la Culture, wilaya d’Alger, APC d’Alger, procureur de la République, pour user de leurs prérogatives afin d’assurer la pérennité de la Librairie des Beaux-arts selon des formules à trouver dans le cadre des lois et règlements.Nous lançons cet  appel à toutes les bonnes volontés pour nous rejoindre et nous regrouper sous les formes appropriées afin de veiller avec vigilance à ce que la Librairie des Beaux-arts demeure un lieu de rayonnement des livres et des arts au centre-ville d’Alger.
	
	Pour rejoindre l’appel, écrire à : librairiedesbeauxarts@gmail.com</description>
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           <title>Essai sur «Les Mille et Une Nuits» : éternelle Shahrazade</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Une extraordinaire fascination qui est loin de s’épuiser. 
	Des siècles après son apparition, le recueil mythique de contes, Les Mille et Une Nuits, continue de nourrir les imaginaires et d’interroger la critique, en suscitant son intérêt, comme le rappelle Christiane Chaulet-Achour qui vient de diriger un livre collectif intitulé : A l’aube des Mille et Une Nuits. L’universitaire parle notamment d’une «avidité critique» qui «s’est traduite par de nombreux séminaires autour de ce sujet plein d’arborescences, avec plus ou moins de dialogues entre chercheurs arabisants, travaillant sur les textes arabes et chercheurs des sciences humaines et de différentes langues sondant, à partir de telle ou telle traduction-adaptation dans une langue européenne, des œuvres héritières, pour le meilleur et pour le pire».

	L’ouvrage se déroule comme un long conte et l’influence des Mille et Une Nuits semble porter sur les contours des six articles qui composent le livre. D’abord, avec Carole Boidin qui livre une étude comparative au titre très provocateur : «L’Âne d’or de Apulée de Madaure et Les Mille et Une Nuits : des ‘‘histoires de bonnes femmes’’» ? Cet intitulé déroutant ne vise pas, comme il le laisse entendre, le public de réception féminin, mais porte sur le rôle névralgique joué par les deux narratrices dans le déroulement des événements portés à la connaissance des lecteurs. Dans le cas de «L’Âne d’or», la figure de Mardrus, l’énonciatrice, incarne celle qui doit créer les conditions permettant de raconter des histoires. Shahrazade, narratrice principale dans Les Mille et Une Nuits, donne au geste de raconter une valeur de vie. En passionnant le sultan Chahrayar par des histoires haletantes, elle tient la mort à distance et sauve sa peau.

	C’est ensuite au tour de Victoire Feuillebois de transporter le lecteur dans un immense pays : la Russie. Elle s’intéresse à la relation qu’entretient l’ancien empire des tsars avec Les Mille et Une Nuits. Le moins que l’on puisse dire est que sur les bords de la Volga, cette somme de contes est perçue, notamment au XXe siècle, comme «trop frivole et légère pour trouver sa place dans une littérature nationale, ambitieuse et, sous la période soviétique prolétarienne». En un mot,  l’idéologie a peur du plaisir que procurent les contes à l’imaginaire. Pour sa part, Olivier Besuchet évoque l’influence incontestable de l’ouvrage sur des écrivains européens de l’époque qui a coïncidé avec leur traduction au français par Antoine Galland en 1704. Il cite, à cet effet, Jean Potocki, homme de lettres polonais, né à Piköw le 8 mars 1761, et qui visita le Maghreb, dont l’Algérie, en 1778. Il est l’auteur du très célèbre roman, Le Manuscrit trouvé à Saragosse. Jean Potocki emprunte aux Mille et Une Nuits la technique des récits enchâssés qui fait durer le suspens et excite l’intérêt des lecteurs.

	Pour rester dans les relations qu’entretiennent les écrivains avec Les Mille et Une Nuits, Evanghélia Stead parle de la tentative de Jules Verne d’écrire une suite à cette œuvre magistrale en l’intitulant : La Mille et Deuxième Nuit. A l’origine, «c’est un livret d’opérette composé sur une partition d’Aristide Hignard, aujourd’hui perdue et qui n’est pas considérée comme un chef d’œuvre», selon l’Allemand Volker Dehs. L’idée de ce conte additif est née à partir d’une nouvelle de Théophile Gautier qui, comme l’explique l’auteure de l’article, «repose sur le motif de la Sultane à court de récits, revenue précipitamment à Paris chercher auprès d’un pauvre feuilletoniste (Gautier lui-même) de quoi satisfaire la soif inextinguible de Schahriar d’entendre encore une histoire». A travers cette nouvelle, on a l’impression que l’Occident, en tant que berceau du roman moderne, tient sa revanche contre un Orient pourvoyeur de fictions enchanteresses.

	Enfin, Cyrille François parle de l’article «Schéhérazade» contenu dans le Dictionnaire des mythes féminins ou comment est né le mythe littéraire de ce personnage fascinant. Dès l’entame, l’auteur constate que «Schéhérazade  est, depuis la traduction d’Antoine Galland, la meilleure ambassadrice des Mille et Une Nuits. La postérité de l’œuvre est largement tributaire de son exploit et des fantasmes dont on l’a revêtue : beauté, charme, calme et volupté, maternité au bon gré de chacun avec l’appui croissant et très convaincant des images : gravures, peintures, illustrations, films». Cette citation montre que Shahrazade est considérée comme la figure emblématique incontestable des Mille et Une Nuits jusqu’à devenir «un cliché linguistique» et/ou «un pseudonyme valorisant sur Internet». Le mythe littéraire, né d’une fiction envahit la réalité en s’y installant durablement.

	Pour clore ce travail critique très prenant, Christiane Chaulet-Achour, fait une étude sur les écrivaines contemporaines et Les Mille et Une Nuits. Dans le corpus étudié à partir des œuvres de quatorze auteures d’horizons différents (cinq Algériennes, une Tunisienne, quatre Françaises, une Egyptienne), elle montre que les emprunts sont nombreux et qu’ils prennent des formes différentes et apparaissent en «citations, reprises et transformations». Ce long voyage proposé par les différents intervenants enracine une fois de plus l’idée que Les Mille et Une Nuits reste un ouvrage de référence pour comprendre la naissance de la fiction narrative. Le roman moderne doit beaucoup à cet ouvrage exceptionnel.
	
	
	«A l’aube des Mille et Une Nuits», Essai sous la direction de Christiane Chaulet-Achour. Ed. Presses universitaires de Vincennes, Paris, 2012.
	 </description>
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           <title>Abecedarius : mon Sindbad l’Algérien</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	Qu’est-ce qui avait pu bien se passer en cette journée pluvieuse ? Mon oncle, le vieux loup des grands océans, semblait ployer sous la charge de je ne sais quelle émotion. «Merzac, ya wlid khouya, le bon sens devient une denrée rare par les temps qui courent !». Puis, il s’étendit sur son lit, s’enveloppa la tête d’un gros châle en me demandant de lui capter une radio américaine, non pour être au fait de l’actualité du monde, mais, plutôt, pour éponger, à sa manière, les «insanités» de quelque pseudo-navigateur dans la darse de l’Amirauté d’Alger. Je devais recourir, avec lui, à une maïeutique particulière pour le faire parler, car il avait promis de poursuivre son récit sur ses mésaventures en haute mer et dans différents ports du monde, depuis 1922, date de son premier voyage.

	Tout en faisant mouvoir l’aiguille du transistor, je lui dis tout de go : «Cette pluie inopportune me rappelle des pans de ta vie dans l’Océan indien. Tu n’es pas tellement loin de Joseph Conrad, dans ses descriptions de la vie des navigateurs en mer de Chine, dans le golfe du Bengale et aux environs des Philippines.» Comme s’il venait d’être piqué par un moustique, il ôta aussitôt son châle et m’interrogea : «Et qui est ce Conrad ?» J’ai compris alors qu’il avait avalé et la pâte et l’hameçon ! C’était donc à moi de louvoyer afin que mon Sindbad l’Algérien poursuive ses histoires enchanteresses.

	Nous nous étions arrêtés, la veille, en 1932, date de son voyage en Argentine en compagnie de son ami, le dénommé Quatrou. Afin de le remettre d’attaque, je lui parlais de Conrad, de ses écrits et de sa maîtrise unique de la langue anglaise. Même en connaissant plusieurs langues pour les avoir pratiquées durant plus de 60 ans, de même que le jargon des navigateurs et le vécu fabuleux sur les grands océans, il ne savait rien de Conrad ni de Louis Stevenson. D’ailleurs, ignorant presque tout de la littérature, Victor Hugo demeurait à ses yeux, sans pouvoir me l’expliquer, le plus grand écrivain du monde. Pour preuve, il avait ramené de l’un de ses voyages les trois volumes des Misérables dans une belle édition de poche.

	«J’ai de mauvais souvenirs avec l’Océan indien, me dit-il en allumant une cigarette américaine ; la dysenterie à Madagascar, une grande bagarre avec deux rugbymen anglais à Aden, la mousson et ses effets dévastateurs à Bombay, sans compter le typhon qui, à chaque fois, menaçait de nous envoyer par les fonds». Mais il ne semblait pas convaincu par Conrad. Il remit le châle autour de sa tête et me demanda comme par défi : «Ce Conrad, est-ce qu’il sait quelque chose sur le ''coup de bambou''  dans l’Océan indien ?». Et moi d’invoquer toutes les grâces de ma mémoire pour maintenir le même cap que celui de son récit. Je lui fis un résumé du grand roman Typhon de Conrad, ce grand romancier qui m’a toujours fasciné. Je ne crois pas l’avoir convaincu, car, aussitôt, il évoqua ce chapitre si horrible de sa propre vie : «Un jour, sur un bateau battant pavillon grec, j’ai eu à endurer le ''coup de bambou''» en plein océan Indien. C’est un soleil ardent qui m’avait mis à plat au point de perdre la raison pour quelques jours. Le commandant ordonna alors de me mettre en quarantaine dans le fond de la cale. Je n’ai récupéré mes esprits qu’après mon arrivée en Indonésie. Ton Conrad a beau connaître l’océan Indien, il ne sait pas ce que veut dire le coup de bambou !».

	Mon cher oncle n’est plus de ce monde, et il m’arrive, en relisant Conrad, de penser que ces deux «rêveurs» pour le moins exceptionnels, auraient pu faire un tandem formidable sur l’Océan indien. L’un, avec sa plume et sa foi en l’homme, l’autre, avec son courage physique et moral déroutant à plus d’un titre.

	(Nouvelle adresse email après un piratage digne de ceux de l’océan Indien).
	toyour2@yahoo.fr</description>
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           <title>Parcours de mémoire</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Des étapes vivantes de l’histoire locale pour un futur musée. 
	A la faveur du Mois du Patrimoine, l’Association Gemihab (groupe d’étude sur l’histoire des mathématiques à Bougie médiévale) annonce le lancement d’un parcours historique et culturel à travers la wilaya de Béjaïa. Cette initiative consiste à proposer un circuit de découverte du patrimoine matériel et immatériel de la tribu des Ath
	Waghlis, l’une des plus importantes de l’histoire de la région. Les organisateurs veulent rendre visible un legs culturel généralement méconnu qui comprend des pièces archéologiques, un patrimoine oral riche, des traditions diverses ainsi que quelques grands noms de l’histoire, de la théologie ou de la culture.

	Depuis l’Antiquité, le territoire des Ath Waghlis a connu une activité humaine dense. Des stèles en ont apporté la preuve archéologique, et notamment celles découvertes à Maloussa (Sidi Aïch) en 1968 et à Azaghar (Semaoun) en 2009. Cette présence ancienne s’est prolongée à travers la tribu des Ath Waghlis dont le territoire était un lieu de passage obligé à l’époque romaine (ruines signalées à Tilouacadi, El Flaye et El Kseur) et à l’époque médiévale comme en attesta le géographe El-Idrissi en décrivant les voies de communication de la période hammadite. Durant la période ottomane, cette tribu avait refusé de payer l’impôt aux janissaires turcs. Aux débuts de la colonisation française, en 1847, elle affronta les troupes du Maréchal Bugeaud entraînées et suréquipées.

	En 1841, lors de la révolte de Bou Baghla, et en 1871, lors de l’insurrection nationale, elle participa activement à la résistance populaire et en subit les répressions consécutives. Connue comme une des plus importantes tribus de Kabylie, son territoire historique correspond actuellement à celui de deux daïras et de six communes. Si le village de Sidi Aïch apparaît comme une création coloniale, son implantation serait celle d’un marché hebdomadaire (mercredi) dont la tradition s’est conservée à ce jour. Les Ath Waghlis se consacraient essentiellement à l’arboriculture méditerranéenne (olivier, figuier…), et à une agriculture nourricière ainsi qu’un élevage d’appoint. A ce titre, les terres de la vallée de la Soummam étaient préservées des constructions réservées aux villages de montagne.

	Des savoir-faire locaux ont été développés dans ces activités principales auxquelles s’ajoutait un artisanat.
	Elle a donné deux savants reconnus dans le monde musulman et liés aux grands courants soufis : Ibn Ibrahim al-Waghlisi (XIIIe siècle) et Abdar-Rahman al-Waghlisi (XIVe s.). Ce dernier, grand théologien, a formé d’éminents oulémas parmi lesquels Muhammad al-Huwârî (Oran), Abderrahmane al-Tha‘âlibî (Alger), ‘Isa b. Salama al-Biskri, etc. Cette grande tradition spirituelle s’est fondée sur le développement de zaouiyates prestigieuses où venaient apprendre les enfants de Béjaïa, Constantine et autres cités algériennes. Jusqu’au XXe siècle, cet enseignement s’est poursuivi en incluant même des membres de l’Association des Oulemas.

	La tradition des lettrés se poursuivit dans les temps modernes avec des intellectuels et des militants de la cause nationale de renom, tels Abderrahmane Djemad, Ahmed Hadj Ali, Dr Aïssani Ahmed Ben Ammar, ou Mohand Cherif Sahli, auteur dès 1947 d’ouvrages remarquables comme Le Message de Yughurta, L'Algérie accuse. Le calvaire du peuple algérien et Décoloniser l'histoire. Introduction à l'histoire du Maghreb. On y compte aussi une des grandes figures mondiales du mouvement anarchiste, Saïl Mohamed Ameziane qui poussa ce mouvement vers la lutte anticoloniale. L’histoire de la guerre de Libération nationale n’est pas en reste chez les Ath Waghlis qui s’engagèrent massivement dans les rangs de la révolution armée et en payèrent un prix fort.

	Aujourd’hui, à partir de ce circuit historique, ses organisateurs veulent développer la connaissance et la visibilité d’un patrimoine historique riche partagé avec les tribus voisines (Ath Mansur, Ath Amar, Ath Yemal, Fenaïa, Imsisen, Ouzellaguen, Ath Jellil…) en vue de fonder un Musée national du Patrimoine et de la Société de Kabylie. L’organisation de ce projet a mobilisé des institutions et associations dans un esprit de partenariat motivant. Parmi elles : la wilaya de Béjaïa et sa direction de la Culture, le musée Bordj Moussa, six APC (Sidi Aïch, El Flaye, Tinebdar, Tibane, Souk Ou Fella, Chemini), l’association Ciné Plus, la Bibliothèque d’El Flaye, des associations locales (comités de Tala Taguth, Taghrust, Izzaruken, Sidi el Hadj Hassaine, Imaghdassen, Tiklat et Ikhulaf n’Ath Waghlis).                                                                                                                          

	
	Infos : Laboratoire LAMOS, Université de Béjaïa. E- mail : lamos_bejaia@hotmail.com. Sites : www.gehimab.org et www.ath-waghliss.com</description>
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        <item>
           <title>Réseau50 . from Algeria, portes ouvertes sur l’art : ouvertures maximales</title>
           <author></author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Les adhésions à l’initiative artistique se multiplient. 
	Le Réseau 50 que nous avions présenté ici (voir Arts &amp; Lettre du 7 avril dernier) comme une initiative artistique citoyenne originale et nouvelle en Algérie, avance dans son projet qui doit se matérialiser, du 24 au 28 mai, par la convergence dans le temps et la démultiplication sur l’ensemble du territoire national de multiples expositions et autres actions artistiques librement proposées par leurs initiateurs. Cela signifie que durant ces cinq jours, se tiendront simultanément des expositions, visites d’ateliers, conférences, ateliers pour enfants, projections, workshops d’artistes, portes ouvertes sur des collections, etc. Cette rencontre, organisée virtuellement mais réalisée concrètement, a été intitulée «Réseau 50, from Algeria ; portes ouvertes sur l’art». De fait, elle est ouverte aussi aux participations internationales «fraternellement et sans frontières».

	Depuis un mois, les propositions d’amateurs comme d’artistes confirmés, d’individus comme de collectifs, de personnes comme d’institutions privées ou publiques, affluent sur le site de ce réseau d’art qui se définit comme citoyen et indépendant. Après les premières adhésions venues d’Alger, Oran, Timimoune, El Oued, Khenchela, Béjaïa, Tazmalt, Zeralda, etc. d’autres sont venues rejoindre cette proposition inédite destinée à produire un gigantesque effet de proximité en familiarisant les publics avec les lieux de création et de diffusion de l’art, comme à engager un contact direct avec les artistes. On note ainsi parmi les dernières adhésions, celles de la Galerie Benyaa d’Alger (Les Sources), de l’Ecole d’art Artissimo (Alger-centre), des ateliers des peintres Dockman et Nedjar Mohamed, de la galerie Riwaq el Fen de Maghnia et de plusieurs autres artistes et lieux d’art du pays. On notera que même les institutions muséales commencent à s’intéresser au mouvement puisque le Musée national des Beaux-arts (Hamma-Alger) proposera des portes ouvertes sur ses ateliers d’initiation à l’art pour enfants.

	Pendant que les adhésions se multiplient, ses organisateurs achèvent la conception finale du site du «Réseau 50» et préparent d’ores et déjà l’annuaire de la première édition qui paraîtra ultérieurement pour garder en mémoire l’initiative et la rendre plus visible encore.  «Pour nous, affirme Tarik Ouamer-Ali, fondateur et administrateur du site Founoune.com, et l’un des initiateurs du réseau 50, il s’agit de rendre cette initiative annuelle et de mobiliser davantage le monde des arts dans le contact avec le public et surtout dans la prise d’initiatives dynamiques. Ces journées vont permettre d’ouvrir au maximum et partout les lieux d’art aux citoyens et citoyennes. Nous espérons aussi amener les artistes à être plus réactifs, moins repliés sur eux-mêmes, à s’impliquer plus dans le contact avec le public et surtout dans l’évolution de leur discipline.

	En fait, ils ont aussi besoin de se rencontrer, de discuter entre eux et d’agir ensemble.» Au-delà donc de l’idée de monter la plus grande exposition d’art jamais réalisée à l’échelle du pays, les organisateurs espèrent susciter de nouveaux rapports et de nouvelles attitudes dans le monde des arts et, notamment, auprès des artistes.  La liste des participants sera mise en ligne à la mi-mai avec les programmes proposés et leurs illustrations. Les autres disciplines sont volontiers invitées à accompagner l’initiative et des musiciens ont déjà fait état de leur désir de participer. Pour notre interlocuteur, «on doit comprendre aussi que si les arts se distinguent les uns des autres, ils se nourrissent entre eux et c’est la véritable voie de l’enrichissement de l’expression culturelle».                            

	
	Infos : (www.reseau50.com). Contacts : (reseau50@founoune.com)</description>
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           <title>L’art de la «niya»</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 28 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	La trajectoire artistique de Hamsi Boubekeur laisse transparaître l’image d’un artiste qui cultive le sens de la diversité et du renouvellement. Il compose. Il chante. Il écrit des contes. Et, depuis plus de dix années, il peint. Dessine. Trace. Utilise divers matériaux sur une multiplicité de supports. 
	Son intérêt pour la chose artistique commence très tôt. A Béjaïa, sa ville natale, il fréquente le conservatoire de musique dirigé par maître Cheikh El Béjaoui, chantre de la musique arabo-andalouse. C’est à Alger où il poursuit ses études secondaires qu’il découvre le chant polyphonique.

	En 1979, Hamsi Boubekeur est alors âgé de 27 ans. Sa fibre d’homme libre dans une société qui contrôle, musèle, interdit, emprisonne, le contraint à prendre le chemin de l’exil. C’est d’abord à Paris qu’il se pose pendant quelques mois pour s’installer plus tard à Bruxelles.
	C’est en tant que chanteur-compositeur que Hamsi Boubekeur entame son parcours artistique. Sa musique se présente comme une alchimie de mélodies issues de sa terre natale et de notes musicales occidentales. Le mandole, la guitare électrique, le bendir, la batterie, la derbouka, le saxophone, la ghaïta, le synthétiseur, se mêlent et s’entremêlent afin de donner naissance à une mélodie harmonieuse caractérisée par une touche d’originalité.

	De ses chants, se dégagent avant tout une forte odeur de liberté, d’espoir et bien d’autres valeurs humaines qu’il porte haut et fort. En sus de ses productions discographiques (en 45 et 33 tours…), il devient auteur de musiques de génériques de films, signant notamment celle du documentaire «Kateb Yacine : l’amour et la révolution» du réalisateur Kamel Dehane. Avide d’explorer, d’expérimenter et d’innover, Hamsi B. se lance dans la production de contes pour enfants et réalise un livret 45 tours au profit de l’Unicef, «Si tu veux la Paix, prépare l’enfance», ainsi qu’un livre-cassette intitulé : «Contes berbères de Kabylie». En 1988, par le fruit d’un pur hasard, il se verse dans le champ de la peinture de style naïf (d’où notre titre, L’art de la «niya», soit de la naïveté).

	Il expose dans plusieurs pays et obtient, en 1989, le premier prix du concours international organisé par le Musée d’art naïf de Lasne (Belgique). Dans son vaste appartement qui lui sert aussi d’atelier, une multitude de tableaux, d’assiettes peintes à froid sur céramique, de miroirs et de panneaux de bois décorés, recouvre son espace mural. Doucement, lentement, l’œil se laisse bercer par le souffle du cœur qui transporte dans un ailleurs que le peintre se représente lumineux et chaleureux. Et voilà que le regard se laisse éblouir par cette peinture figurative du détail, de la minutie, de la simplicité, de la spontanéité.

	Une représentation picturale qui célèbre la vie dans ses facettes multiples et met en perspective des motifs inspirés de l’art pictural berbéro-kabyle. Alors que l’œil poursuit le cours de sa contemplation à l’intérieur d’un monde sublimé, une kyrielle de portes multicolores ouvrent sur des paysages et des scènes de vie quotidienne d’un espace géographique bien déterminé : la Kabylie natale du peintre.

	Ce pays qui brille par ses couleurs chaudes et éclatantes où dominent le rouge, le jaune, le vert… Et voilà que le regard est propulsé au cœur du soleil, de la chaleur et des symboles de l’Algérie. Son Algérie ! Celle qu’il a forgée au fil des jours et des heures dans les méandres de son exil créateur.
	Incontestablement, la peinture de Hamsi Boubekeur évoque la fête, la joie de vivre, la nature, la vie rurale, l’entraide, la solidarité, la générosité. Le pinceau à la main, l’imaginaire en mouvement, il fait appel à ses souvenirs d’enfance afin d’apaiser la douleur et la nostalgie qui étreignent son cœur. Le palmier. L’olivier. Le cactus. Les villages nichés dans les interstices des montagnes. Les marchés. Les places animées par les hommes. La mer. Les arbres en fleurs. Des hommes. Des femmes. Des enfants vêtus de vertus retournent la terre de leurs mains belles et nobles. En les peignant, le peintre les immortalise. Et les offre à notre regard dans la beauté de son geste créateur.

	De Bruxelles, l’artiste reconstitue les merveilleux et fascinants visages de l’Algérie. Au cœur de son exil, il tait sa douleur et sa nostalgie par un, deux, trois… coups de pinceau. Le geste créateur ! Le geste salvateur ! Et la création d’un tableau. Naissance d’une foule de personnages. Des histoires en suspens qui n’ont qu’un seul désir : venir au monde et graver leurs récits sur les deux rives de la Méditerranée, ce pont qui lie et relie les uns aux autres et qui vient nous rappeler que la vie est un éternel va-et-vient des humanités et des cultures. Et l’artiste donne libre cours à son instinct créateur. Et sa trajectoire artistique poursuit son cours.

	Dans les années 1995-1996, Hamsi Boubekeur crée l’association «Afous» (la main, en berbère), dans le cadre du projet «Les Mains de l’espoir» qui a reçu, en 2000, le label «Action phare pour la culture de la paix» de l’Unesco. Au fil des ans, cette initiative en faveur de la paix dans le monde a pris une ampleur internationale. Depuis le premier atelier, organisé en décembre 1995 à Molenbeek (Bruxelles), «La Ronde de l’espoir», rebaptisée plus tard «La Ronde universelle» a fait du chemin, sillonnant les communes bruxelloises, la Flandre, la Wallonie puis bien d’autres pays : France, Bosnie, Algérie, Hollande, Allemagne, Sénégal… Durant ces ateliers, les participant(e)s étaient invité(e)s à dessiner l’empreinte de leur main sur une feuille et à l’agrémenter librement d’un dessin et/ou d’un message de paix. Cette action à visée humaniste a obtenu le soutien et l’adhésion d’un grand nombre de personnalités de par le monde, telles que l’Abbé Pierre, Yasser Arafat…

	En 1998, Hamsi Boubekeur est sollicité par les autorités belges pour décorer la station de métro Lemonnier à Bruxelles. Le peintre s’inspire du projet «Les Mains de l’espoir» et réalise une œuvre qui se décline sous la forme d’une quarantaine de mains qu’il peint sur des panneaux de multiplex marins qu’il coordonne en trois ensembles de cinq mètres de haut accrochés sur les murs des quais du métro. En décembre 1999, la station Lemonnier, ornementée de ces mains, symboles de métissage et porteuses d’un message de paix, est inaugurée en la présence de hautes personnalités belges et algériennes. En 2007, des travaux de réfection s’imposent. Les panneaux de bois plaqués sur les murs en ciment sont remplacés par des tôles émaillées. Mais avant d’être sérigraphiées, les mains sont dessinées à l’encre de Chine et ornementées de motifs inspirés de l’art pictural berbère auxquels viennent s’ajouter des dessins créés par le peintre. Ainsi, «une trentaine d’œuvres ont été combinées, reproduites, agrandies dans seize dimensions différentes». Le résultat est impressionnant. Au total, trois cents panneaux ont été produits et recouvrent les murs du métro Lemonnier que Hamsi Boubekeur rêve de rebaptiser «la station du bien-être». L’inauguration de la nouvelle décoration de la station de métro a eu lieu en avril 2009. L’histoire de ce remodelage et de cette transformation a été filmée par Yves Gervais et Stéphanie Meyer à travers leur documentaire «Une Empreinte de la vie» (Belgique, 2009, 42’).

	En 2005, Hamsi Boubekeur se lance dans la réalisation de bannières, nouvelles créations qu’il intitule «Paroles tissées». Ces pièces se déclinent sous forme de longues bandes de papier ornementées de motifs et de dessins géométriques, alternant entre les couleurs et le noir et blanc et toujours inspirés du patrimoine pictural berbère que le peintre, devenu graphiste, reconfigure au gré de son inspiration et de son imagination. Réalisées à l’acrylique sur du papier spécial, ces longues bandes, qui ne dépassent pas 53 cm en largeur, dénotent l’existence chez le peintre d’une ouverture et d’une volonté d’innover et de renouveler son art, tant sur le plan de la forme et du contenu que des supports.
	En octobre 2009, à Bruxelles, Hamsi Boubekeur se voit promu Officier de l’Ordre de la Couronne pour l’ensemble de son œuvre, une distinction élevée en Belgique.
	C’est pour la première fois qu’il expose en Algérie, son pays natal. A ce sujet, l’artiste ne cache pas son immense joie car «ce sera la première fois que le public algérien, qui me suit via la presse, découvrira mes œuvres in situ», affirme-t-il. Bienvenue à toi,
	l’artiste !                   
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           <title>Adieu trésors !</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 28 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Quasiment en direct, nous avions assisté au sac du Musée de Baghdad et Interpol court toujours après des milliers de ses pièces archéologiques, héritages précieux de la civilisation mésopotamienne. Nous avions vu exploser les statues de bouddhas géants de Bamiyan, action des Talibans, auteurs, en outre et entre autres, d’un immense autodafé de 55 000 manuscrits rares de la Fondation afghane, dont la plupart relevaient de la civilisation musulmane. Nous avions suivi la tentative de pillage du Musée du Caire, vitrine prestigieuse de la civilisation pharaonique, contrecarrée in extremis par des manifestants et des soldats égyptiens. Et si les sites helléniques de Libye, telle Cyrène, ont été globalement préservés, le fameux Trésor de Benghazi aurait complètement disparu. Environ 8000 pièces d’anciennes monnaies en or, argent et bronze et quelques œuvres uniques au monde !

	Récemment encore, l’Unesco a lancé un appel à la préservation de Tombouctou, classée au patrimoine mondial de l’humanité, ville dont l’université islamique, au XVe siècle, aurait compté 25 000 étudiants. Et voilà que parviennent d’autres nouvelles inquiétantes de Syrie, comme s’il en manquait. Pillages, fouilles sauvages et destructions touchent des pans entiers du patrimoine de ce pays qui compte plusieurs sites classés mondialement : la vieille ville de Damas, l’une des plus anciennes au monde, les cités de Bosra et d'Alep, l’antique Palmyre, le Krak des Chevaliers, la Citadelle de Salah El-Din El Ayyoubi… Cette formidable panoplie, où se mêlent vieilles cultures d’Orient, monuments gréco-romains, Islam et Croisades, se trouve aujourd’hui menacée. Sur le site d’Apamée, une statue romaine en marbre a été dérobée, la Citadelle de Shaïzar a été dégradée, etc. Gouvernement et opposants se renvoient la balle, s’accusant mutuellement de ces atteintes, agressions ou vols.

	On aura beau chercher ailleurs que dans le monde musulman, des exemples similaires, on n’en trouvera pas. D’abord, parce que c’est dans ce monde-là, le nôtre, que se concentrent la plupart des conflits actuels et que s’offrent donc des occasions de pillage. Ensuite, parce qu’à l’évidence, viennent se combiner des forces extérieures et intérieures à ce monde. Au-dehors : des collectionneurs véreux, véritables receleurs du passé, qui attisent la demande et enrichissent les thèses de ceux qui prétendent que l’Islam est une religion sans civilisation. Au-dedans : des margoulins de toutes sortes, attirés par le gain et prêts à vendre leur mère, comme on dit familièrement, ainsi que des fanatiques disposés à détruire les legs de l’histoire, y compris certains issus de la culture islamique.
	Si, comme en Syrie, un gouvernement et une opposition se battent «pour leur pays», comment comprendre qu’ils ne puissent pas s’accorder au moins pour que personne n’agisse «contre leur pays» ? Le pouvoir serait-il le seul trésor qui ait de la valeur de nos jours ? </description>
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           <title>Djazzaïr avec deux «z»</title>
           <author>Ameziane Farhani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Arts et lettres</category>
           <pubDate>Sat, 28 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Une histoire lointaine à découvrir, un genre qui se développe en Algérie.
	  
	Enfant de l’Afrique exilée par l’esclavagisme, le jazz a pris le chemin du monde et retrouvé au passage son continent d’origine. En Algérie, ses racines remontent aux années ’40 et ‘50, ce qui correspond à la période où cet art commence à se diffuser en Europe. De vieux Algérois racontaient que, lors du débarquement de forces alliées en Afrique du Nord, en 1942, les soldats noirs américains avaient fait connaître le blues aux jeunes Algériens. Certains attribuent même la découverte du banjo et son adoption par le chaâbi à ces fils du Mississipi ou de l’Alabama. Ce ne serait pas étonnant quand on sait, comme en ont témoigné quelques personnes, dont notre confrère Krimo Djillali, que le père du genre lui-même, El Anka, était un passionné de jazz.

	On sait également que d’éminentes personnalités algériennes furent de grands connaisseurs de cette musique des musiques. Il s’agit notamment de M’hamed Yazid et Mohammed Seddik Benyahia, fondateurs de la diplomatie algérienne et négociateurs des Accords d’Evian. Le premier, d’une culture impressionnante, possédait à la perfection l’univers du jazz, comme il nous en fit la preuve lors d’une petite discussion. Le second aurait possédé une collection unique de disques vinyles de jazz et son seul vrai loisir consistait à les écouter.

	L’histoire culturelle moderne de l’Algérie met en avant la progression de cette musique dans la population européenne et notamment dans sa frange la plus aisée et la plus intellectuelle. A Alger, les Français passionnés de jazz habitaient plus à la rue Michelet ou au Telemly qu’à Bab El Oued ou Belcourt. Le milieu estudiantin fut, comme ailleurs, le fer de lance du genre. C’est dans les bals des lycées Gauthier (auj. Omar Racim) et Fromentin (devenu Descartes et auj. Bouamama) et surtout ceux des Facultés et de l’école des Beaux-arts que le jazz se propagea. En 1958, se crée le Jazz-Club Universitaire d’Alger qui devint un quintette qui se professionnalisa et joua à l’hôtel Saint George, à bord du Ville d’Oran, à la Radio, etc. Autre formation d’origine estudiantine, créée en 1959, le Middle Jazz Rythm qui répétait au siège de l’AGEA (Association générale des étudiants algériens), où se trouve aujourd’hui le Restau U Amirouche.

	Plusieurs formations se créaient à l’époque et, en avril 1961, à la salle Pierre Bordes d’Alger (auj. Ibn Khaldoun), eut lieu le premier et probablement dernier Festival de Jazz. Dans une salle constamment pleine, plusieurs orchestres réunissant 60 musiciens s’adonnèrent au blues, au swing, aux negro spirituals, au be-bop et au jazz. Alger partageait cette passion avec quelques grandes villes côtières où se concentraient les élites de la colonisation et, notamment, Oran qui avait pris de l’avance en organisant, en septembre 1960, la Semaine du Jazz au Casino de Canastel. Ce monde avait ses temples, comme le club privé créé par un certain Jean Guntz, dans sa villa de la rue Blaise Pascal au Telemly, une cave où «le Tout-jazz algérois se pressait» ou encore le «Club de Droit». Ses grandes figures aussi comme Jean-Christian Michel, clarinettiste, animateur du Jazz-Club Universitaire, qualifié de «Pape du jazz» par la Dépêche Algérienne dans une ambiance déjà people puisque son accident en MG rouge sur la Moutonnière avait été rapporté.

	Interviewé chez lui, le 14 mars 1962, alors que la ville est à feu et à sang, il fait part de ses projets d’enregistrements et de concerts ! Ce monde-là, assez fermé et snob, fasciné par Boris Vian (plus pour la musique et le look que l’engagement), est parti, emporté par l’histoire. Il n’en reste plus que des morceaux de vinyles qui témoignent d’un réel attachement au jazz. J-C. Michel,  toujours aussi émérite à la clarinette, a poursuivi une carrière internationale entre jazz et musique classique. Un autre acteur de cette période, Roy Swart’s (Roger Soirat pour l’état civil), doit sortir un CD intitulé 50 ans de jazz : Alger 1962-Marseille 2012, un parcours depuis son premier groupe de jazz à Alger en remontant sa carrière internationale. Il rêve de revenir jouer en Algérie qu’il a quittée dans les années ‘70 et de rééditer sa tournée des années ‘80 : «C’est le pays qui m’a vu grandir, où j'ai passé 23 ans de ma vie et auquel je suis attaché, ainsi que ses habitants les Algériens qui sont des frères pour moi.»

	A côté de ce monde européen du jazz en Algérie, apparurent les pionniers algériens du genre. Y a-t-il eu des passerelles artistiques entre les deux ? Le cosmopolitisme et l’esprit d’ouverture, généralement attachés au jazz, ont-ils surmonté le système de ségrégation coloniale ? A notre connaissance, non, mais il appartient aux musicologues de le vérifier. C’est en tout cas dans les quartiers «indigènes» que naquit le jazz algérien. Une figure importante et encore floue, car il reste à écrire son histoire, émerge, celle de Abderrahmane Chennouf, né en 1931 à Zghara, Alger. Après son certificat d’études, obtenu en 1942, il économise sur la paie des petits métiers auxquels il doit recourir pour s’acheter une clarinette à l’insu de son père et payer des cours de solfège auprès d’un certain Silami, professeur juif qui enseignait dans une cave de Bab El Oued. Il réussit au concours d’entrée au Conservatoire municipal d’Alger dont étaient dispensés les jeunes Européens. Il y étudia jusqu’en 1959. Il aurait créé en 1947-48, soit une décennie avant les formations européennes précitées, un groupe de jazz, peut-être la première formation algérienne du genre, à la rue des Marais à Belcourt.

	C’est là que répétait l’orchestre de musique moderne de Haroun Rachid, créé dans les années ’40 et où Boualem Hamani jouait. C’est probablement entre ces trois personnages qu’il faudrait situer les sources du jazz algérien. Dans le trio, Chennouf apparaît comme le plus résolument jazzman. Il se consacrait pleinement au genre sous un double pseudonyme : Joe Barclay lors des bals européens, pour gagner sa vie et perfectionner sa maîtrise, et El Djazaïr pour ses propres productions. Son orchestre aurait survécu jusqu’à la fin des années ’60. Il y a des recherches passionnantes à mener sur ce personnage et sur d’autres dont nous ignorons peut-être l’existence. Alors qu’arrive le Cinquantenaire de l’Indépendance, il n’est pas inutile de souligner que les musiciens des formations de Chennouf et Haroun Rachid participèrent à la première interprétation en public de l’hymne national, au Stade municipal du Ruisseau.
	Aujourd’hui, l’Algérie s’apprête à célébrer la première Journée internationale du Jazz, décrétée par l’Unesco.

	Lundi 30 avril, à la salle Ibn Zeydoun d’Alger, aura lieu un concert avec le pianiste de renommée mondiale, Bojan Z. (pour Zulficarpasic) et des jazzmen algériens : les groupes Sinouj et Madar, le trio Kawthar Meziti et les artistes Salim Fergani, Kherdine Mkachiche, Arezki &amp; Ahmed Bouzid. Un programme magnifique, organisé par l’AARC et l’OREF et, avec lequel l’Algérie sera l’un des premiers pays à marquer ce nouvel International Jazz Day, en hommage à un genre musical qui a contribué fortement à l’échange culturel mondial. Cet événement interviendra après la programmation de Alger Jazz Meeting, dont la nouvelle de la 3e édition (25 au 27 avril) a ravi les mélomanes, vu l’interruption de cette manifestation depuis 2009. A la mi-juin, ce sera encore du jazz avec le troisième rendez-vous de la saison musicale de l’AARC, «Des racines et des airs», consacrée aux «jazz d’ailleurs». Et dans la semaine suivante, se tiendra le Dimma Jazz de Constantine, la plus grande vitrine nationale du jazz algérien et international. Créé en 2003 par l’association Limma et, notamment, le regretté saxophoniste Aziz Djemame, il est devenu un festival référencé dans le monde.

	Le jazz recèle dans notre pays de plus en plus de talents. La liste des artistes et formations qui s’y consacrent ne cesse de s’allonger, révélant un véritable engouement des jeunes musiciens. De même, alors qu’on croyait disparu le public du jazz, on se rend compte qu’il compte des passionnés et même des connaisseurs dans les nouvelles générations. On ne peut conclure ce travelling historique sans évoquer ici le 1er Festival Panafricain d’Alger, qui, en 1969, fut aussi une fête mondiale du jazz avec des figures de proue du genre, tels Archie Sheep, inoubliable dans ses improvisations avec des musiciens targuis, ou Leroy Jones, enfant de New Orléans. Ni oublier la fameuse émission radio, «Jazz d’hier et d’aujourd’hui» de Pierre Chiche et Youssef Omar qui, dans les années ‘60 et ’70, à la Chaîne III, contribuèrent à la diffusion de la culture du jazz, œuvre que poursuit aujourd’hui avec talent Adnane Ferdjioui. Assurément, il y a le mot «jazz» dans le nom «Djazaïr».               
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